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Des milliers de personnes ont manifesté samedi en France contre "le budget de pénurie" dans l'éducation nationale

Syndicats d'enseignants et parents d'élèves appellaient à une cinquantaine de rassemblements, manifestations et débats dans toute la France contre la suppression de 16.000 emplois d'enseignants prévue au budget 2011.Les défilés ont rassemblé entre 10.300 personnes (selon la police) et 13.300 personnes (selon les syndicats).
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Manifestation à Lille contre les suppressions de postes dans l'éducation (22 janvier 2011) (AFP / Philippe Huguen)
Syndicats d'enseignants et parents d'élèves appellaient à une cinquantaine de rassemblements, manifestations et débats dans toute la France contre la suppression de 16.000 emplois d'enseignants prévue au budget 2011.

Les défilés ont rassemblé entre 10.300 personnes (selon la police) et 13.300 personnes (selon les syndicats).

Les principales fédérations de l'Education, FSU, Unsa-Education et Sgen-CFDT, qui ont boycotté mercredi les voeux du président Nicolas Sarkozy, appellaient à cette journée d'action ainsi que les parents d'élèves de la FCPE.

Pour la FSU, "déterminée à faire grève" avant les congés scolaires de février, ce samedi était "un début de mobilisation". Pour le moment, ses partenaires préfèrent une action nationale en mars, quand les conséquences des suppressions de postes, connues pour le moment au niveau départemental, commenceront à l'être établissement par établissement.

Une réunion du collectif des 25 est prévue lundi.

Les défilés partout en France
A Paris, le cortège a réuni 2.600 (police) et 5.000 manifestants (FSU), derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire "Refusons le budget de pénurie de l'Education nationale".

A Toulouse, entre 1.200 et 2.000 personnes, selon les sources, ont battu le pavé. Ils étaient entre 1.000 et 2.000 à Lille, entre 550 et 1.500 à Rennes, entre 900 et 1.000 à Lyon. La police en a aussi compté 600 à 650 à Caen, 600 à Nantes, 300 à 350 à Quimper 300 au Mans, à Metz (600 selon les organisateurs), 250 Pau et à Angers et encore quelques centaines à Bordeaux, La Roche sur Yon, Tours, Pontarlier, Besançon, Poitiers.

A Strasbourg, les 250 à 300 manifestants ont lâché plusieurs centaines de ballons noirs, en signe de deuil. A Lille était présent dans le cortège Michel Ascher, proviseur à la retraite qui a renvoyé ses palmes académiques pour protester contre l'attribution d'une prime aux recteurs ayant atteint les objectifs fixés pour supprimer des postes.

16.000 postes supprimés pour davantage d'élèves

Après 50.000 suppressions de postes d'enseignants entre 2007 et 2010, le budget 2011 en prévoit encore 16.000, sur un peu plus de 850.000, concentrés sur les écoles et les collèges.

Or, à la rentrée 2011, selon les services statistiques du ministère, les effectifs d'élèves vont augmenter, en particulier en collèges (35.300 élèves supplémentaires attendus), en lycées professionnels (plus 14.000 élèves attendus) mais aussi dans les écoles (plus 1.500). Mais aux syndicats qui protestent, le ministère rétorque que, par rapport à 1990, il y avait l'an dernier 45.267 enseignants de plus pour 604.300 élève de moins.

Pour Luc Chatel, les 16.000 postes seront trouvés "sans problème", et le ministre a demandé aux recteurs de se charger de choisir les postes à supprimer, pour être "au plus près du terrain".

Craintes de fermetures de classes
Les syndicats affirment que les nouvelles suppressions vont se traduire par des hausses d'effectifs d'élèves par classes, la disparition de certaines formations ou options, ou encore des réductions de moyens de remplacement. Selon le Snes-FSU de Versailles, certains établissements classés en zone prioritaire (qui reçoivent plus de moyens) risquent de sortir du dispositif, ce que dément le ministère.

Dans le primaire, "des classes vont fermer ou ne vont pas être ouvertes, des postes de Rased (enseignants spécialisés dans la grande difficulté, ndlr) vont être supprimés et la scolarisation des moins de trois ans va encore baisser", affirme le SNUipp-FSU (principal syndicat du primaire), pour qui c'est "une première dans le primaire".

Les écoles ne connaîtront, individuellement, leur sort qu'après les cantonales de mars: c'est "une manoeuvre politique" selon les syndicats, alors que le ministère parle de "respect d'une période de réserve".

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