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Des " lettres de sang " auraient été inscrites dans le dos de cet étudiant de 1ere année à l¿université Paris-Dauphine.

Le président de l"université Laurent Batsch a qualifié ce geste d" « abjecte » et annoncé son intention de se porter partie civile.
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 (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le président de l"université Laurent Batsch a qualifié ce geste d" « abjecte » et annoncé son intention de se porter partie civile.

Lors d'une réunion de recrutement de nouveaux adhérents de l'importante association d'étudiants Japad, "un des membres, sous l'emprise de l'alcool, à l'aide d'un instrument qui semble être une capsule de bouteille, a gravé sur le dos du candidat les lettres Japad", a raconté le président de l"auniversité Paris Dauphine, Laurent Batsch. "Ce ne sont pas des plaies ouvertes ni des incisions profondes, mais des lettres de sang", a-t-il ajouté.

L'étudiant a porté plainte au commissariat de sa commune de résidence mais les motifs de la plainte n'ont pas été précisés. Ces agissements "portent atteinte à l'intégrité physique et morale" de l'étudiant, il s'agit d'"un geste odieux et abject qui a appelé une réaction déterminée dès qu'on en a eu connaissance, en fin de semaine", a déclaré M. Batsch. L'association a été "immédiatement radiée de l'université", "ses locaux fermés" et un conseil de discipline va être convoqué, "au cours duquel nous traduirons à la fois les responsables de l'association, les membres présents lors de cette funeste séance et le ou les responsables du forfait".

La victime venait d'entrer à l'université et "pouvait souhaiter un autre accueil", a commenté M. Batsch, qui a affirmé rester "en contact permanent avec lui et sa famille", saluant "le courage qui est le sien d'avoir porté plainte". Parlant de sa "tristesse" et de sa "colère", il a fait part de sa "détermination personnelle à éradiquer ce genre de pratique". Selon l'université, Japad est "une association ancienne et importante, car elle organise le Gala annuel".

Bien que le bizutage soit légalement punissable depuis une loi de 1998, imaginée par Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, il se poursuit parfois dans certaines universités et grandes écoles, lors de réunions fortement alcoolisées. Il entraîne des "traumatismes psychologiques graves" pour 92% des parents d'élèves et 78% y voient "une épreuve humiliante", selon une enquête publiée en septembre dernier par le Comité national contre le bizutage (CNCB).

"Cette affaire illustre la nécessité d'exercer la plus grande vigilance et la plus grande fermeté lorsque des incidents graves se produisent", a réagi le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez. "Dès que cette affaire a été connue, nous avons été en contact permanent avec l'université qui a immédiatement réagi", a-t-il précisé, approuvant les sanctions prises par le président de Paris-Dauphine à l'encontre de l'association et sa décision de se porter partie civile.M. Wauquiez a rappelé les mesures prises début octobre pour renforcer le dispositif anti-bizutage: "Un numéro vert a été mis en place dans toutes les académies, les organisateurs de soirées et d'événements d'intégration doivent établir une déclaration préalable, et j'ai demandé aux recteurs et aux chefs d'établissements d'exercer cette vigilance sans faille.""Il faut que la fête et l'intégration de nouveaux étudiants restent un moment de convivialité et de respect, pour le meilleur épanouissement des jeunes", a-t-il souligné.

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