Dans un entretien exclusif diffusé sur France 2, l'ex-comptable de Mme Bettencourt renouvelle ses déclarations

Interrogée par "Complément d'enquête", Claire Thibout accuse à nouveau Patrice de Maistre d'avoir versé 150.000 euros à Eric Woerth pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.M. de Maistre dément ces accusations, tout comme le ministre du Travail Eric Woerth.

L\'entrée de la maison de la famille Bettencourt à Neuilly-sur-Seine
L'entrée de la maison de la famille Bettencourt à Neuilly-sur-Seine (AFP - BERTRAND LANGLOIS)

Interrogée par "Complément d'enquête", Claire Thibout accuse à nouveau Patrice de Maistre d'avoir versé 150.000 euros à Eric Woerth pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

M. de Maistre dément ces accusations, tout comme le ministre du Travail Eric Woerth.

"Claire, j'ai besoin de 150.000 euros"
Le gestionnaire de la fortune de l'héritière de l'Oréal, Patrice de Maistre, "vient me trouver dans mon bureau et il me dit : Claire, j'ai besoin de 150.000 euros. Alors je lui demande pour quoi faire et il me dit je dois donner ces 150.000 euros à M. Woerth pour la campagne électorale de M. Sarkozy", explique Mme Thibout dans l'émission.

Claire Thibout, à l'origine des accusations de financement politique illégal portées contre Eric Woerth, avait par ailleurs reconnu en juillet avoir reçu 400.000 euros de la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, lors de son licenciement par la milliardaire en 2008. Cette dernière lui avait également versé 500.000 euros.

Payée 130.000 euros par an par Mme Bettencourt, l'ex-comptable se défend d'avoir été achetée à son départ.

"Pour moi, c'était des dommages et intérêts. Je ne savais pas si j'allais retrouver du travail, j'avais 50 ans, une famille quand même qui était là (...). Je n'ai pas été achetée puisque je n'ai dit que la vérité de toute façon", affirme-t-elle.

C'est en mai 2007 que Claire Thibout dévoile à la fille de son employeur, Françoise Meyers-Bettencourt - à l'origine de la procédure pour abus de faiblesse - l'emprise de l'artiste François-Marie Banier sur sa mère.

"Françoise Bettencourt est tombée des nues. Elle se doutait que (François-Marie Banier, ndlr) percevait de l'argent, qu'il avait des chèques mais elle ne se doutait pas du tout de l'ampleur des donations", explique Mme Thibout.

Par ailleurs, "Complément d'enquête", qui s'est rendu sur l'île d'Arros, a consulté le cadastre seychellois, dans lequel il n'est nulle part fait mention d'une transaction au bénéfice des Bettencourt.

L'île d'Arros appartient depuis octobre 1975 à une société, "D'Arros Land establishment", dont le propriétaire à l'époque de la transaction était le prince d'Iran, Sharam Pahlavi, neveu du Shah.

En février 1999, les Bettencourt auraient acquis l'île pour 15 millions d'euros, via cette société basée au Liechtenstein, sans l'avoir déclarée au fisc seychellois.

La justice seychelloise a lancé une enquête pour connaître le véritable propriétaire de l'île, affirme une porte-parole du procureur général des Seychelles, citée dans le reportage.