Les enjeux de la conférence sociale

Le gouvernement réunit les partenaires sociaux et les collectivités territoriales les 9 et 10 juillet pour le premier grand rendez-vous social du quinquennat.

Laurence Parisot, du MEDEF, et Bernard Thibault, de la CGT, lors d\'une rencontre avec le gouvernement, le 5 juillet à Paris.
Laurence Parisot, du MEDEF, et Bernard Thibault, de la CGT, lors d'une rencontre avec le gouvernement, le 5 juillet à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

C'est le premier grand rendez-vous social du quinquennat de François Hollande. L'Etat, les partenaires sociaux et les collectivités territoriales se réunissent les 9 et 10 juillet au Palais d'Iéna, dans les locaux du Conseil économique, social et environnemental. FTVi revient sur les enjeux de cette conférence sociale.

De quoi va-t-on parler ?

Lundi matin, avant de prononcer son discours inaugural, François Hollande reçoit les cinq organisations syndicales et les trois organisations patronales en compagnie du premier ministre Jean-Marc Ayrault et de septs de ces ministres. Au menu de cette première rencontre, la démocratie sociale, rapporte L'Usine Nouvelle.

En clair, le président de la République souhaite discuter avec les partenaires sociaux de la manière d'organiser le dialogue entre les syndicats, les entreprises et le gouvernement. Il devrait ainsi leur proposer de "constitutionnaliser" le dialogue social, comme il l'avait promis lors de la campagne et aborder le rôle des institutions représentatives du personnel dans les entreprises.

Une fois son discours inaugural prononcé, François Hollande va laisser la place à ces ministres, pour sept tables rondes. Il sera question de l'emploi des jeunes avec Michel Sapin, ministre du Travail, de la formation tout au long de la vie avec le ministre délégué à la Formation professionnelle Thierry Repentin, de rémunérations "justes et efficaces" avec Pierre Moscovisci, ministre de l'Economie, d'égalité professionnelle avec la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, des retraites avec la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine, de modernisation de l'action publiuque avec Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique et de "réunir les conditions du redressement productif" avec Arnaud Montebourg, ministre du... redressement productif.

Quels sont les enjeux ?

Pour l'exécutif, le principal enjeu de cette conférence est de mettre en avant la concertation promise pendant la campagne électorale pour se démarquer du quinquennat précédent. Comme lors des premières prises de contact avec les syndicats et organisations patronnales fin mai, le gouvernement souhaite montrer qu'il est à l'écoute des partenaires sociaux et qu'il n'impose pas unilatéralement ses propositions. Il s'agira ensuite, selon les mots de Jean-Marc Ayrault, de définir "l'agenda précis, la méthode de discussion et le calendrier".

En face, les partenaires sociaux vont tenter de faire avancer leurs priorités. Lors d'une conférence de presse jeudi 5 juillet, Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, a annoncé que sa centrale demanderait la "remise à plat complète des aides et exonérations fiscales et sociales des entreprises", l'institution de sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité homme-femme ou dont les minimas commencent en dessous du SMIC.

Principale organisation patronale, le Medef compte insister lui sur la compétitivité des entreprises, "la question numéro un" aux yeux de sa patronne Laurence Parisot. L'organisation souhaite pour ce faire baisser les charges sociales payées par les salariés et les employeurs pour réduire le coût du travail, tout en augmentant la TVA et la CSG pour compenser le manque à gagner.