Cohn-Bendit et EE-LV, la rupture en quatre actes

 "J'ai quitté Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV)", a affirmé l'eurodéputé, ce matin sur Canal+. 

Les ténors d\'EE-LV Noël Mamère (à g.), Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, Eva Joly, Cécile Duflot, Dominique Voynet et Pascal Canfin, réunis à Paris le 18 avril 2012.
Les ténors d'EE-LV Noël Mamère (à g.), Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, Eva Joly, Cécile Duflot, Dominique Voynet et Pascal Canfin, réunis à Paris le 18 avril 2012. (BERTRAND GUAY / AFP)

POLITIQUE – "J'ai quitté Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV), [mais] je les finance [encore] un petit peu", a affirmé l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit vendredi 7 décembre. Il ne veut plus parler au nom du parti et préfère se consacrer à son laboratoire d'idée, "Europe et Ecologie"Une nouvelle prise de distance, l'ultime peut-être, après une histoire mouvementée qui s'écrit en quatre actes.

Acte 1. Il boycotte le 1er congrès d'EE-LV à La Rochelle

Juin 2011. C'était le premier congrès d'Europe Ecologie-Les Verts, après sa création en 2010 sous l'impulsion de Daniel Cohn-Bendit en personne. Et pourtant : "Je n'y vais pas", annonce-t-il au Nouvel Observateur quelque jours avant. Pourquoi boude-t-il ce grand raout ? La motion qu'il a présenté en assemblée générale n’a recueilli que 26,24% des voix quand le texte de Cécile Duflot a obtenu 50,6%. "C’est terminé !" estime Cohn-Bendit. Il sera donc le grand absent de ce congrès qui consacre l'élection de Cécile Duflot comme secrétaire nationale du mouvement.

Acte 2. Il soutient à mi-mots la candidature d'Eva Joly

Août 2011, début de la campagne présidentielle pour Eva Joly, choisie par les militants écologistes comme candidate. C'est le moment que Daniel Cohn-Bendit choisit pour mettre en doute l'intérêt de cette candidature. "Commencer une campagne en se disant qu'on pourrait finir à 1,5 % comme avec Dominique Voynet la dernière fois, ce n'est pas très stimulant", souligne-t-il sur Europe 1. Sa crainte : "revivre un 21 avril", c'est-à-dire que la candidature d'Eva Joly contribue à l'éclatement des voix et à l'élimination de la gauche au premier tour. Il assurera alors le service minimum pendant la campagne présidentielle. Et finira par lâcher au Parisien : "j'irai voter Eva Joly", "même si la campagne d'Europe Ecologie n'a pas été transcendante".

Acte 3. Il critique les ministres EE-LV

Mai 2012. Deux personnalités d'Europe Ecologie-Les Verts sont nommés dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Cécile Duflot et Pascal Canfin, respectivement au Logement et au Développement. Au lieu de s'en féliciter, "Dany" fait grise mine. "Le plus détestable a été la course aux maroquins ministériels, y compris chez mes propres amis", dit-il dans Libération, dénonçant  "la dérive culturelle nationale-présidentialiste de EE-LV". En août, il enfonce le clou en affirmant : qu'on ne peut "pas être au gouvernement et dans l'opposition en même temps".

Acte 4. Il critique EE-LV, qui refuse le traité budgétaire européen

 "Voter contre le traité et pour le budget, c'est n'importe quoi", s'emporte Daniel Cohn-Bendit, après la décision du conseil fédéral d'EE-LV de voter contre la ratification du traité budgétaire européen. Il estime en effet que si l'on vote contre le traité, par cohérence, il faut voter contre le budget, et donc sortir du gouvernement. C'en est trop pour l'eurodéputé, "entre Europe Ecologie et moi, maintenant, c'est une histoire terminée !" lâche-t-il le 23 septembre. Une décision qu'il vient d'affirmer à nouveau.

 

 

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