Clearstream: derniers actes avant le procès

Parties civiles, défense et accusation ont jusqu'à vendredi minuit pour citer des témoins à comparaître

Parties civiles, défense et accusation ont jusqu'à vendredi minuit pour citer des témoins à comparaîtreParties civiles, défense et accusation ont jusqu'à vendredi minuit pour citer des témoins à comparaître

La tension monte encore d'un cran à quelques jours de l'ouverture du procès politique de l'année. "La liste (des témoins) n'est pas encore arrêtée" a indiqué une source judiciaire citée par l'AFP.

Au centre de tous regards, Dominique Villepin. Accusé de dénonciation calomnieuse, l'ex premier Ministre ironise. Mais pour combien de temps ?

"J'ai été sidéré il y a quelques jours d'entendre le président de la République qui se rend en voyage au Brésil. Je connais bien le Brésil, c'est un beau pays, il y a des jolies filles, des cocotiers. On arrive, on vous sert des caïpirinhas. Eh bien le président de la République qu'est-ce qu'il fait? Il parle de Villepin et de Clearstream ", a déclaré l'ex premier Ministre.

"Je crois que c'est une affaire que l'on ne peut pas résumer à Nicolas Sarkozy - bien que Nicolas Sarkozy ait eu à coeur de confisquer ce dossier -", selon M. de Villepin. "Il faut éviter en politique l'hypocrisie et la victimisation. Jamais personne n'a mis publiquement en cause Nicolas Sarkozy dans cette affaire...".

"Cette affaire n'est pas politique et nous le montrerons lors du procès. Elle fait l'objet aujourd'hui d'une instrumentalisation politique. Je crois qu'il ne faut pas se tromper de débat", a insisté M. de Villepin.

Un procès politique et des protagonistes très bavards


Outre M. de Villepin accusé d'avoir donné l'ordre à Jean-Louis Gergorin, un ami, de transmettre des faux- listings au juge aux fins de manipulation politique, quatre personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel dans cette affaire : Jean-Louis Gergorin, ancien-vice président d'EADS, le mathématicien Imad Lahoud, le consultant Florian Bourges et le journaliste Denis Robert.

Fin août, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin est sorti de sa réserve en déclarant que M. de Villepin avait été un "bénéficiaire collatéral mais conscient" de l'entreprise présumée de dénonciation calomnieuse.

Cette sortie, peu courante avant l'ouverture des audiences, a déclenché de vives réactions non seulement des avocats des principaux acteurs de l'affaire et surtout du chef de l'Etat. "Il est grand temps que toutes ces combines sous la Ve République, une bonne fois pour toutes, on en soit débarrassé (...) Les officines, les combines, il y en a eu beaucoup trop", a alors déclaré Nicolas Sarkozy.

En fin de journée Me Olivier Metzner, s'exprimant dans un communiqué au nom des avocats de M. de Villepin, s'est dit "choqué" par ces déclarations d'avant procès. Sans citer aucun nom il a dénoncé des "interventions soigneusement orchestrées" et "une volonté de peser sur le cours de la justice parfaitement inacceptable".

Les témoins pressentis

Lors d'une audience de fixation du calendrier le 18 juin, plusieurs avocats des parties civiles et de la défense avaient d'ores et déjà annoncé qu'ils comptaient faire citer l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le juge d'instruction Renaud van Ruymbeke ou encore Pierre de Bousquet de Florian (ex-DST).

L'ancien directeur de cabinet de M. Raffarin à Matignon et président du CSA, Michel Boyon, ainsi que Pierre Steinmetz, membre du Conseil constitutionnel, devraient eux aussi être convoqués. Le général Philippe Rondot, chargé d'enquêter sur la véracité des listings, sera lui aussi entendu.

Me Olivier Metzner, un des avocats de Dominique de Villepin, a indiqué à l'AFP qu'il ne comptait pas faire citer de témoin.

Parmi les parties civiles figurent Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Alain Madelin, le journaliste Edwy Plenel ou encore le producteur Dominique Ambiel.