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Mont-Blanc : le maire de Saint-Gervais-les-Bains demande aux alpinistes de "ne pas vouloir être plus forts que la nature"

Jean-Marc Peillex salue sur franceinfo vendredi la décision des compagnies des guides de Saint-Gervais-les-Bains et de Chamonix-Mont-Blanc de suspendre temporairement l’ascension du Mont-Blanc par la voie dite "du Goûter".

Article rédigé par franceinfo
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À partir de la dernière station du Nid d’Aigle, les alpinistes chevronnés peuvent rejoindre le refuge du Goûter situé à 3 815 mètres d’altitude, l’un des plus hauts d’Europe avant l’assaut final du sommet par la voie Royale. (GR?GORY YETCHMENIZA / MAXPPP)

"On recommande aux alpinistes de différer leur ascension, c'est-à-dire d'écouter la montagne, de ne pas vouloir être plus fort que la nature", explique vendredi 15 juillet sur franceinfo Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie). La préfecture du département appelle à la vigilance sur la voie d'accès normale du Mont-Blanc, dite "du Goûter", en raison des dangers entraînés par la sécheresse que connaît le département depuis plusieurs semaines.

"On a des chutes de pierres importantes", indique Jean-Marc Peillex qui salue la décision "très prudente" des compagnies des guides de Saint-Gervais-les-Bains et de Chamonix-Mont-Blanc qui suspendent temporairement l’ascension du Mont-Blanc par la voie "du Goûter".

Il ne s'agit pas d'une interdiction

La recommandation émise par la mairie et la préfecture "n'est pas une obligation", précise l'élu. "Dans la nature, si on interdit d'aller à un endroit, le jour où on réautorise, ça voudrait dire qu'il n'y a plus de risque. Or, dans la montagne, en particulier sur cet itinéraire du Mont-Blanc, on ne pourra jamais garantir qu'il n'y ait pas une chute de pierres", justifie Jean-Marc Peillex.

"Si ça devient vraiment très dangereux, on fermera le refuge du Goûter, c'est-à-dire qu'il n'y aura plus cette possibilité pour les alpinistes de s'y arrêter et d'y dormir."

Jean-Marc Peillex

à franceinfo

"Il faut qu'on adapte nos pratiques à la nature", explique l'élu. Pendant l'été, selon lui, "entre 250 et 300 personnes" font l'ascension chaque jour.

"Peut-être que, dans cinq ans, on ne fera plus le Mont-Blanc, ou peut-être uniquement au mois de mai ou juin", imagine Jean-Marc Peillex. Il explique que "les modifications du climat" rendent l'ascension plus dangereuse. "Par exemple, il y a moins de précipitations, moins de chutes de neige et c'est pour cela qu'une crevasse s'est ouverte sur l'arête des Bosses cette année qui rend encore plus compliquée l'ascension."

Certains "alpinistes urbains" n'ont pas la "connaissance de la montagne"

Jean-Marc Peillex constate aussi que certains alpinistes "urbains", qui n'ont pas, selon lui, "la connaissance de la montagne", tentent l'ascension du Mont-Blanc "à tout prix". "S'ils ont décidé de le faire le 15 juillet, quelles que soient les conditions, ils font le Mont-Blanc le 15 juillet, alors qu'un alpiniste fait une course de montagne quand la montagne le lui permet et quand lui-même est capable de la faire."

Le maire de Saint-Gervais-les-Bains dénonce aussi les comportements de certains usagers qui "faisaient n'importe quoi". "On a eu un Anglais qui est monté avec un rameur, on a eu des Lettons qui sont montés avec un mât. On a eu Zaz qui a fait un concert", liste l'élu. "Le Mont-Blanc a été consommé. Eh bien, stop!", clame Jean-Marc Peillex.

Pour empêcher ces comportements dangereux, un arrêté de protection des habitats naturels a été pris par la préfecture de Haute-Savoie, en 2020, "pour dire ce qu'on a le droit de faire dans ce site du Mont-Blanc", indique Jean-Marc Peillex.

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