Elle sort de son amnésie et se souvient avoir été violée en 1973

Après une énième opération chirurgicale, une Lyonnaise de 56 ans affirme avoir recouvré la mémoire, ce qui lui a permis de reconnaître l'homme qui l'a agressée trente-huit ans plus tôt.

La patiente lyonnaise et son avocat, Jean Sannier.
La patiente lyonnaise et son avocat, Jean Sannier. (GUIOCHON STEPHANE / MAXPPP)

Après une longue amnésie consécutive à une violente agression, une Lyonnaise de 56 ans affirme, mercredi 29 février, se souvenir avoir été violée en 1973. Les experts médicaux restent toutefois "circonspects".

Son agresseur présumé est "identifié et localisé"

Paralysée du côté gauche du visage après une agression à coups de barre de fer en 1973 et opérée pour la 11e fois, le 4 août 2010, à l'hôpital Saint-Anne de Toulon, "elle a vu apparaître, quelques jours plus tard, le visage de son agresseur et a pu revivre la scène de viol", raconte son avocat, Jean Sannier. "C'est un phénomène parfois constaté, qu'une anesthésie peut provoquer une résurgence de la mémoire", a-t-il ajouté.

Etienne Prigent et Philippe Eveque - France 2

Après de multiples recherches, cette ouvrière a réussi à reconstituer le viol. Alors qu'elle était âgée de 17 ans, elle aurait été agressée par un jeune homme qui voulait l'épouser de force et l'avait laissée pour morte. Après avoir retrouvé son "dossier hospitalier de 1973, censé être détruit, et avec l'aide d'un détective privé, elle est parvenue à identifier son agresseur et à le localiser", relate son avocat, qui va porter plainte vendredi. Sa cliente va "demander un effacement de la prescription (dix ans) pour raison d'amnésie", révèle le quotidien régional Le Progrès.

Les médecins "très étonnés" par ce cas 

Elle a tenu à consulter des experts psychiatres, convaincue que son histoire "restait peu crédible", indique son avocat. "On reste assez circonspects et on est plus qu'étonnés, car on n'a jamais vu une amnésie se révéler au bout de trente-sept ans", a expliqué le professeur Daniel Malicier, directeur de l'Institut médico-légal de Lyon.

"Il n'y a pas de doute qu'il existe un lien de causalité entre les troubles qu'elle a et l'accident, tout est plausible", a-t-il cependant précisé. Et d'ajouter que "la patiente a un ton de véracité, mais sur la réalité des faits qu'elle allègue, c'est du domaine de la justice."