Amiens. Il détourne 500 000 euros grâce à un virus pour smartphones

Surdoué et autodidacte, un jeune homme âgé de 20 ans avait mis au point un virus qui lui a permis d'arnaquer 17 000 personnes.

Le jeune homme avait mis au point un virus automatique.
Le jeune homme avait mis au point un virus automatique. (MARTIN BUREAU / AFP)

FAITS DIVERS – Surdoué, autodidacte, un habitant d'Amiens, âgé de 20 ans, a programmé un redoutable virus pour smartphones Androïd. Un stratagème qui lui a permis de détourner plus de 500 000 euros. Il a été interpellé, mercredi 17 octobre par la police. Sans la moindre formation, il est parvenu à créer un "monstre" lucratif et dévastateur pour les systèmes informatiques.

C'est la deuxième fois qu'un délinquant informatique parvient à créer un tel virus en France. Le premier était un informaticien chevronné. Le second, plus modeste, est donc ce "geek" de 20 ans, passionné de jeux vidéo et d'informatique. Il a passé sa vie devant son ordinateur et ne quittait pas son petit studio du centre d'Amiens (Somme). Rêvant d'être développeur de programmes, il en avait les compétences mais ne possédait aucun diplôme, car il avait arrêté l'école très jeune. Diagnostiqué surdoué mais en échec scolaire, il a quitté le collège trop tôt. "C'est un pro en programmation, explique un enquêteur, un pur autodidacte qui a atteint un excellent niveau. Dommage qu'il ait choisi le côté noir de la force !"

Il empochait le gain de loteries

Cet été, sans témoin, il a mis au point son virus informatique. Une mini-bombe que le hacker a injecté dans des applications gratuites pour Androïd, vendues sur le marché noir. Une fois téléchargées, ces applications envoyaient des milliers de SMS surtaxés, payés par le propriétaire du smartphone, à destination de loteries, dont le pirate empochait les gains.   

En quatre mois il a ainsi arnaqué 17 000 utilisateurs d'Androïd pour un préjudice de 500 000 euros. Finalement, l'opérateur a réalisé l'ampleur de l'arnaque et a alerté les policiers de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication. En garde à vue, le jeune homme a expliqué que la fabrication de ce virus n'était qu'un jeu pour lui, qu'il n'avait pas conscience des implications de sa création et de son utilisation. Il a été mis en examen pour escroquerie et piratage.

Ce type de délinquants, appelés "dialer", sont de plus en plus fréquents aux Etats-Unis. Tant et si bien qu'Androïd, qui couvre près de 60% du marché, a décidé cette semaine d'installer un système antivirus sur tout son système.

 

Les explications d' Adeline Champagnat, commissaire à l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (un reportage de Victoire Tuaillon et Hervé Pozzo).

France 2

 

*Nous avons modifié le prénom de l'auteur des faits.