Fitness : dopage en salle de sport

a revoir

Présenté parLaurent Delahousse

Diffusé le 21/09/2013Durée : 00h40

Voir la vidéo
avatar
franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Nous vous emmenons dans les coulisses des salles de fitness, là où certains sont prêts à tout pour transformer leur corps. Cela passe parfois par quelques gélules, puis, par quelques piqûres. Le dopage pour aller plus vite, plus loin, sans savoir où l'on va, et quelles pourraient être les conséquences de tout cela.

Rameurs, haltères, tractions. Avec les bonnes résolutions de la rentrée, les clubs de sports font le plein. 5 a 6 millions d'adeptes fréquentent 10.000 salles en France. Ici, c'estjuré, on ne se dope pas.

C'est 100 % naturel.

Oui, j'ai du mal mais c'est naturel, pas question de se doper.

Pourtant, pour se surpasser, certains n'hésitent pas a tricher. Pour s'en rendre compte, en caméra cachée, nous nous rendons dans des salles de musculation de banlieue parisienne. Côté vestiaire, des corps hors norme. Et bientôt, des confidences sans langue de bois.

Ces produits, Mehdi les connaît bien. Dans l'anonymat, il raconte comment il a plongé dans le dopage. A l'époque, il pratique le free-fight. Sport de combat interdit en France où tous les coups sont permis. Il lui faut quelques kilos de muscles supplémentaires.

Après avoir gagné des compétitions amateurs a l'étranger, j'ai commence à m'intéresser aux stéroïdes. Les gens des salles de sport sont venus vers moi. Les salles de sport sont un super marché du dopage. Assez souvent les profs de sport vendent les produits.

Un trafic alimenté par des réseaux organisés. Le plus souvent, les produits sont achetés sur Internet. Les sites offrant des produits anabolisants se multiplient. L'année dernière leur nombre a augmenté de 125 %. Les doses viennent en majorité d'Asie : Tha'i'Iande, Chine, Inde. Elles transitent le plus souvent par la Grèce et l'Europe de l'Est. Mehdi avale des cellules d'anabolisant à l'apparence anodine.

J'avais l'impression de prendre un cachet d'aspirine. Pour moi, je ne me dopais pas. C'est à partir du moment où j'ai commencé les injections, face à l'aiguille qui transperce le muscle, je me suis dit: "merde, je suis en train de jouer avec ma santé".

Stéroides anabolisants puis hormones de croissance, trois piqûres par semaine. Pour se doper, il dépense jusqu'à 3.000 euros par mois. Son comportement change brutalement.

Quelqu'un klaxonne, je suis prêt à aller le voir, si il ne sort pas de sa voiture, je le sors moi-même. Avec la police, c'était pareil.

Il s'isole, ses colères sont de plus en plus incontrôlables. Il demande de l'aide à un médecin.

On flirte avec la mort constamment. Si j'avais pas été encadré, j'aurai pu mourir. Sur un ring ou dans une salle ou chez moi.

Après des années de dopage, le corps de Mehdi est meurtri. Depuis plus de 10 ans, François Deroche voit les ravages du dopage chez ses patients.

Le coeur va augmenter de volume mais il va devenir inefficace. Une insuffisance cardiaque, des conséquences sur le foie, des hépatites sévères.

Mais le dopage se répand, il tente même les amateurs. Julien Messon est entraîneur sportif à Lyon. Il tente de prévenir ses clients mais en 10 ans il a vu le dopage se banaliser.

Avant, c'était des compétiteurs, maintenant c'est des gens qui le font pour aller se promener a la plage.

Pour des questions d'image, certains jouent avec leur santé. Un trafic de plus en plus répandu.

Le JT
Les autres sujets du JT
data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAAAAACH5BAEKAAEALAAAAAABAAEAAAICTAEAOw==