Vosges : trois personnes suspectées d'avoir filmé les viols de leurs propres enfants

Trois personnes, un couple de Vosgiens et un père de famille domicilié en Charente, ont été mises en examen et placées en détention provisoire, indique mardi le procureur d'Epinal. Elles sont suspectées d'avoir violé leurs enfants mineurs et d'avoir filmé leurs ébats, ensuite utilisés dans leurs pratiques échangistes en ligne.

(Maxppp)

"Des couples pratiquant l'échangisme entre adultes consentants ça ne posait pas de probléme, sauf qu'il est apparu qu'au travers de ces échanges sur internet certains couples faisaient apparaître qu'ils avaient des ébats sexuels avec des mineurs de moins de 15 ans ", explique le procureur d'Epinal Etienne Manteau. Les allusions à ces pratiques ont été repérées par la cellule de veille de la gendarmerie à la mi-décembre. 

Un couple vosgien a alors été interpellé, des images et des vidéos pédopornographiques ont été retrouvées chez eux. En garde à vue, la femme a indiqué aux enquêteurs que son mari avait violé leur fils âgé de moins de 10 ans, ainsi qu'une fillette, livrée par son père, un Charentais rencontré sur internet. 

Le Vosgien l'avait convaincu de violer sa propre fille en filmant la scène

Cette homme domicilié en Charente a lui aussi été interpellé. Il a expliqué aux gendarmes que le Vosgien l'avait convaincu de violer sa propre fille en filmant la scène, puis de se rendre dans les Vosges pour livrer la fillette. "Il reconnaît les faits. Il a pleinement conscience de la gravité de ses actes et il en est horrifié. Il a la volonté de travailler sur lui pour comprendre et fournir des explications ", a déclaré son avocat, Maître Rémi Stéphan.

Selon les enquêteurs, les faits se seraient déroulés au moins à deux reprises au cours de l'année 2012. Le couple vosgien, "issu de la classe moyenne ", selon son avocate, a un second enfant, âgé de 6 ans.

Ils encourent 30 ans de réclusion criminelle

Les trois personnes ont été mises en examen pour "viols sur mineurs de moins de 15 ans", et placées en détention provisoire. Elles encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle devant une Cour d'assises. Aucune poursuite n'a par contre été engagée contre l'épouse du père de famille charentais, qui ignorait les faits.

"L'objet de l'enquête est actuellement d'arriver à déterminer quelle est l'ampleur de ces ébats sexuels entre adultes avec des mineurs de moins de 15 ans. Il s'agit heureusement de pratiques déviantes extrêmement limitées, mais l'objet est aujourd'hui de circonscrire absolument ce phénomène ", poursuit le procureur d'Epinal.