Viol à l'hôpital Cochin : une femme de 34 ans porte plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui

Le suspect, un homme de 22 ans, a été mis en examen et placé en détention provisoire. La victime l'accuse de l'avoir violée alors qu'elle dormait après son admission aux urgences, prise en charge pour un trauma cranien.

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L'entrée des urgences de l'hopital Cochin, à Paris, le 4 novembre 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

Une patiente victime d'un viol aux urgences de l'hôpital Cochin à Paris, a porté plainte jeudi 24 novembre contre X pour mise en danger de la vie d'autrui, a appris franceinfo auprès de l'un de ses avocats Me Alexandre Lobry, confirmant une information du journal Le Parisien et de RMC. La patiente, qui accuse un autre patient présent au moment des faits aux urgences de l'avoir violée, veut savoir s'il y a eu des défaillances ou des manquements dans la surveillance au sein de l'hôpital.

Une source judiciaire confirme à franceinfo qu'après une enquête préliminaire ouverte le 28 octobre, une information judiciaire a été ouverte le 30 octobre, par le parquet de Paris, dans le cadre de cette affaire pour "viol commis par une personne sous l'emprise de stupéfiants, vol et escroquerie". Le suspect, un homme de 22 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire, selon cette même source.

"Ma cliente a un traumatisme, car ces faits criminels ont eu lieu dans un hôpital public. Or dans un hôpital, on se sent en sécurité, on est soignés."

Me Alexandre Lobry

à franceinfo

Selon une source proche du dossier, les faits se sont produits dans la nuit du 27 au 28 octobre. Vers une heure du matin, cette nuit-là, la victime sort ivre d'une péniche en bord de Seine où elle a passé la soirée. Elle chute, cogne sa tête contre le sol.

Violée alors qu'elle s'était endormie dans son box

Les pompiers la prennent en charge car elle souffre d'un traumatisme crânien. Elle est donc admise aux urgences de l'hôpital Cochin. Elle est dans un box endormie sur un lit dans l'attente de voir un médecin quand elle est réveillée par une douleur au ventre. Un homme est en train de la violer avec ses doigts. Elle crie. Le suspect prend la fuite après lui avoir volé sa carte bancaire. La vidéosurveillance des urgences et le témoignage d'un infirmier permettent aux policiers de la BAC d'interpeller le suspect plus tard dans la nuit car il a effectué un achat dans une épicerie avec la carte bleue de la plaignante.

"Y a-t-il eu des manquements et des défaillances dans l'obligation de surveillance qui incombait à l'hôpital ? Elle devait être protégée parce qu'elle était dans un box et elle devait être surveillée. S'il y a eu des manquements, qui sont les responsables ?", s'interroge maître Alexandre Lobry.

L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) "confirme", dans un communiqué publié ce jeudi après-midi, "l'agression d'une patiente par un patient dans la nuit du 27 au 28 octobre 2022 dans les locaux du service d'accueil des urgences de l'hôpital Cochin-Port Royal". L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris "tient à apporter son entier soutien et sa pleine solidarité à l'égard de la victime", est-il précisé dans ce communiqué.

L'homme rodait déjà autour d'elle avant son admission aux urgences

Des témoins assurent que l'homme arrêté rodait déjà autour de la jeune femme quand elle était au sol sur les quais de Seine. Il a du même endroit appelé les pompiers avant de se retrouver pris en charge à son tour aux mêmes urgences de l'hôpital Cochin. L'AP-HP confirme que "le suspect était présent dans les locaux des urgences en tant que patient, pour une prise en charge dans le même service" et explique qu'à 4 heures du matin, le suspect a été vu sortant de la chambre de la victime. "Le personnel du service s'est tout de suite rendu auprès de la patiente pour en comprendre la raison. Il a tenté d'intercepter le suspect, qui s'est alors débattu et s'est enfui, puis a immédiatement contacté les services de police qui se sont rendus sur place très rapidement pour entendre la victime, qui a ensuite été orientée vers les urgences médico-judiciaires", précise encore l'AP-HP.

"Une analyse précise de la chronologie des événements est en cours en interne afin de mettre en lumière les circonstances précises de cette agression."

Communiqué de l'AP-HP

Le suspect dit avoir 22 ans et être de nationalité jordanienne. Jamais condamné mais défavorablement connu de la police, il est enregistré sous plusieurs identités et se trouve sous le coup de deux obligations de quitter le territoire. L'enquête doit maintenant déterminer de quel pays il est bien le ressortissant pour l'y renvoyer à l'issue de sa détention dans l'affaire de ce viol, a indiqué une source proche de l'enquête à France Télévisions.

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