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Tuerie en Haute-Savoie : peu de certitudes et beaucoup de questions

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations et étudient "toutes les hypothèses" après la mort de quatre personnes mercredi à Chevaline en Haute-Savoie. Pour le moment, ils n'ont que très peu de certitudes et cette affaire recèle de nombreuses zones d'ombres. Le point sur l'enquête.
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Radio France
Publié Mis à jour
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 (Norbert FALCO Maxppp)

Victimes tuées de plusieurs balles

D'après les enquêteurs, les faits se seraient déroulés
mercredi avant 16 heures. C'est un cycliste britannique, ex-membre de la Royal Air Force, qui a alerté la gendarmerie après
avoir découvert la scène de crime sur un parking au bout d'un chemin goudronné. Le corps d'un autre cycliste, qui gisait à terre, a été retrouvé, ainsi que trois autres dans le break BMW immatriculé en Grande-Bretagne : un
homme derrière le volant et deux femmes, dont l'une plus âgée, sur les places arrières.

Sur TF1, le procureur de la République a expliqué jeudi soir que les victimes "sont mortes de plusieurs balles, de plusieurs coups de feu et toutes ont au moins une balle qui leur a été tirée dans la tête" . Eric Maillaud a évoqué un "meurtre d'une sauvagerie inouïe".
Par ailleurs deux fillettes; âgées de 4 et 7 ans, ont survécu.  

Deux fillettes ont survécu à la tuerie

La première a  "environ quatre ans" . Elle est restée prostrée dans la voiture pendant huit heures sous les jambes d'une des deux victimes assises sur la banquette arrière. Personne ne l'a aperçue car la scène de crime a été gelée le temps aux experts scientifiques d'arriver de la région parisienne. "Elle s'est mise à sourire et à parler anglais lorsqu'une gendarme de la brigade de recherche de Chambéry l'a prise dans ses bras et l'a sortie du véhicule" , a déclaré le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud. Elle est physiquement indemne et a commencé à parler. 

L'autre miraculée est une fille de huit ans. Elle a été retrouvée à côté de la voiture. Hospitalisée à l'hôpital de Grenoble, elle souffre de fractures du crâne et d'une plaie par balle à l'épaule. Elle doit être réopérée et placée en coma artificiel mais son pronostic vital n'est plus engagé.  

Que sait-on des victimes ?

La gendarmerie de Chambéry se refuse toujours à établir un lien de parenté entre les victimes. Seule la piste du véhicule a été remontée : selon la plaque d'immatriculation, il appartient à un résident anglais né à Bagdad, âgé d'une cinquantaine d'années et qui se nomme Saad al-Hilli. Rien ne prouve pour l'instant, selon la police, qu'il soit l'homme retrouvé mort derrière le volant.

Tous était venus passer des vacances au
bord du lac d'Annecy et séjournaient depuis trois ou quatre jours au camping 3
étoiles "Le solitaire du lac"  à Saint-Jorioz, situé à une dizaine de
kilomètres de la scène du crime. Une campeuse néerlandaise explique à l'AFP que
les membres de la famille  "étaient
dans une caravane blanche avec une tente rouge sur le devant. La mère
 avait la
peau mate et de longs cheveux noirs"
.

La quatrième victime est un cycliste d'une commune voisine. Il est âgé de 45 ans, père de trois enfants dont un nouveau-né en juin. Il
était parti mercredi matin en randonnée sur la route forestière domaniale de la
Combe d'Ire. La BMW a été retrouvée sur un parking de cet itinéraire. C'est l'alerte
donnée par sa femme inquiète qui a permis de l'identifier. Il se serait trouvé
"au mauvais endroit, au mauvais moment" , explique le procureur
Maillaud.

Un mobile obscur

Pour le moment, les enquêteurs envisagent "toutes les hypothèses", même celle du drame familial. De son côté,  The Telegraph  cite une source policière qui évoque
un possible un lien avec deux braquages à main armée.  "Le premier aurait eu lieu vers 22h avec une tentative de vol
d'une Ford Fiesta. Puis à une heure ce jeudi matin, le même gang aurait tenter
de s'emparer d'une Peugeot 205 près de Ville-sous-Anjou"
, explique le
journal. 

Selon le journal britannique The Mirror, un voisin de la victime aurait en sa possession des éléments qui pourraient expliquer la tuerie. La victime lui aurait fait quelques confidences avant de partir en France. Il préfère réserver son témoignage à la police.   

Le point sur l'enquête

Depuis la découverte de la tuerie, 60 gendarmes et un
hélicoptère sont mobilisés. Des experts scientifiques de l'IRCGN étaient
toujours sur place ce matin pour passer la scène de crime au peigne-fin.  Sur place, ils ont découvert plus d'une
quinzaine de douilles "vraisemblablement provenant d'un pistolet
automatique"
. Aucune arme n'a été retrouvée..

Des résultats d'analyses très attendus

Pour identifier formellement les victimes, les enquêteurs français attendent l'envoi de traces ADN par leurs homologues britanniques qui ont perquisitionné le domicile anglais des victimes présumées.

Par ailleurs, la voiture a été évacuée en fin de journée plus de 24 heures après sa découverte. Elle va continué à être analysée par les techniciens de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Paris.

La DCRI sollicitée

Outre les enquêteurs de la gendarmerie, le Renseignement intérieur (DCRI) a également été appelé. Il sera présent dans l'enquête en tant qu'observateur. Il s'agit de pouvoir bénéficier de ses contacts avec les observateurs étrangers et de vérifier si des protagonistes de l'affaire apparaîssent dans ses fichiers.

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