Trois gardiens blessés lors de l'évasion d'un détenu à Nantes

Un détenu du centre pénitentiaire de Nantes a réussi à s'évader mercredi matin, alors qu'il avait été transféré au centre hospitalier, selon le secrétaire CGT de la prison. L'homme "particulièrement signalé", aurait utilisé un cutter, blessant ses trois gardiens, dont un plus sérieusement. Il a réussi à prendre la fuite. Selon le syndicat Ufap-Unsa, une "erreur de saisie" serait à l'origine de l'absence de soutien policier lors du transfert.

(Maxppp)

Le détenu avait-il préparé son coup ? Sa fuite en scooter, après s'être débarassé de ses gardiens, et avoir tenté de prendre un automobiliste en otage, le laisse croire.

"Il n'a pas hésité à tout mettre en oeuvre pour se faire la belle" (Samuel Gauthier, CGT centre pénitentiaire de Nantes)

L'homme d'une trentaine d'années, "particulièrement signalé " selon le secrétaire CGT du centre pénitentiaire de Nantes Samuel Gauthier, a réussi à fausser compagnie à ses trois surveillants mercredi matin vers 10 heures, alors qu'il se trouvait au centre hospitalier de la ville dans le cadre d'un transfert médical. Il s'était plaint de forts rhumatismes. L'information a été confirmée ensuite par le parquet de Nantes.

Condamné pour tentative de meurtre

A l'aide d'un cutter, ou d'un couteau, il a blessé les trois gardiens, dont l'un qui doit subir une opération pour une blessure à la jambe jugée "sérieuse ". "Nous avons délivré un mandat de recherche et les forces de police disponibles sont mobilisées ", affirme le parquet. "Le détenu avait été condamné pour une tentative de meurtre et il faisait aussi l'objet d'un mandat de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), qui traite de la criminalité organisée ", explique là aussi le parquet.

Le détenu en fuite était "libérable en 2025 ", toujours selon Samuel Gauthier, qui réclame une amélioration de la prise en charge des détenus lors des transferts hors de la prison.

Erreur de saisie ?

Les syndicats ont estimé dans la soirée que le degré de dangerosité du détenu nécessitait une escorte policière en plus des surveillants durant son transfert. Le délégué régional de l'Ufap-Unsa, Yann Hervé, a affirmé mercredi soir que c'était une "erreur de saisie " qui est à l'origine de l'absence de soutien policier.

"Il s'est avéré que le niveau d'escorte était décidé de niveau 3, qui correspond au niveau minimal pour un accompagnement par les forces de l'ordre en plus de l'escorte pénitentiaire ", a-t-il relaté. Mais lors de l'affectation du détenu en bâtiment, "il est fait état, sans aucune raison apparente, d'un niveau d'escorte 2 qui n'oblige en aucun cas l'accompagnement par les forces de l'ordre ", a-t-il déclaré, ajoutant : il faut "qu'on trouve un responsable parce que c'est inadmissible ".

La CGT, l'Ufap et FO ont appelé au blocage de la maison d'arrêt de Nantes jeudi à partir de 6h.