Toulouse : l'homme placé en garde à vue pour le meurtre d'une jeune femme en 1986 a été mis en examen

Martine Escadeillas a disparu il y a 33 ans à Ramonville, près de Toulouse. Son corps n'a jamais été retrouvé. 

Portrait de Martine Escadeillas, alors âgée d\'une vingtaine d\'années. La jeune femme a disparu le 8 décembre 1986. Son corps n\'a jamais été retrouvé.
Portrait de Martine Escadeillas, alors âgée d'une vingtaine d'années. La jeune femme a disparu le 8 décembre 1986. Son corps n'a jamais été retrouvé. (MAXPPP)

L'homme placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Martine Escadeillas, disparue le 8 décembre 1986 à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse en Haute-Garonne, a été mis en examen pour homicide volontaire, rapporte France Bleu Occitanie vendredi 25 janvier. 

Il lui déclare sa flamme puis se bat avec elle

Le meurtrier présumé, un homme de 55 ans, père de famille et formateur en Isère, a été interpellé mardi en Isère puis placé en garde à vue. C'est lors de cette garde à vue qu'il a reconnu son implication dans le meurtre, a appris franceinfo de source proche du dossier. Le meurtrier présumé a ensuite été présenté à un juge d'instruction jeudi.

Le procureur de la République, qui tenait une conférence de presse vendredi dans la matinée, a déclaré que l'homme reconnaissait être allé chez la victime. Amoureux d'elle, il était venu lui déclarer sa flamme avant d'être éconduit. Le suspect reconnaît également s'être battu avec elle sur le palier, l'avoir laissée inanimée en bas des escaliers des parties communes (des traces de sang avaient été retrouvées dans les escaliers), puis avoir transporté son corps à la cave sans savoir, précise-t-il, si elle était morte ou non. Il dit ne plus se rappeler. C'est à partir de là que le suspect est confus, car le corps n'a jamais été retrouvé.

Un dossier rouvert plus de 30 ans après les faits

Le dossier avait été fermé une première fois en 1989, déclaré "non élucidé". Il est finalement rouvert en 1996 après un témoignage qui dit avoir vu une femme ressemblant à la victime dans un bar à prostituées de Barcelone. Il s'agissait d'une fausse piste. Le dossier est donc refermé une deuxième fois en 2008 (parallèlement, un voisin a été mis en examen entre-temps mais un non-lieu est finalement déclaré). 

Toujours selon une source proche du dossier, ce qui a relancé l'enquête c'est une lettre reçue par le parquet de Toulouse en 2016. L'expéditeur évoquait un proche de la famille. L'enquête pour savoir si l'hypothèse était crédible conduit en août 2018 à l'ouverture d'une nouvelle information judiciaire. Jusqu'à l'interpellation du suspect, une connaissance de la victime, mardi dernier. Il avait été entendu dès le début de l'enquête en 1986 mais son profil avait été écarté car il ne correspondait pas à la description faite par un témoin à l'époque. Enfin, le procureur a précisé  vendredi matin que l'enquête risquait d'être compliquée car la plupart des scellés ont été détruits depuis.

Martine Escadeillas, âgée de 24 ans en 1986, a disparu il y a 33 ans. Son corps n'a jamais été retrouvé.