Saint-Etienne-du-Rouvray : des musulmans danois prêts à enterrer Adel Kermiche

La mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray refuse d'inhumer Adel Kermiche, l'un des deux coauteurs de l'attentat commis contre le père Jacques Hamel.

Une femme musulmane dépose des fleurs devant l\'église Saint-Etienne de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), en hommage au prètre tué à l\'arme blanche par des terroristes, vendredi 29 juillet.
Une femme musulmane dépose des fleurs devant l'église Saint-Etienne de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), en hommage au prètre tué à l'arme blanche par des terroristes, vendredi 29 juillet. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Pour "ne pas salir l'islam", la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray refuse d'inhumer Adel Kermiche, l'un des deux coauteurs de l'attentat commis contre un prêtre. Mais voilà qu'un groupe musulman danois s'est dit prêt à enterrer le terroriste, mercredi 3 août. La proposition est venue du président du Fonds islamique danois pour les enterrements, Kasem Said Ahmad.

"C'est un droit de l'homme d'être enterré"

Kasem Said Ahmad qualifie le meurtre du père Jacques Hamel de "contraire à l'islam", dans un entretien au quotidien Jyllands-Posten (en danois). Mais il estime également que "c'est un droit de l'homme d'être enterré, quoi qu'on ait fait" et qu'il est "inadmissible" de la part de musulmans de refuser les rites mortuaires à un coreligionnaire. "Si nous recevions une demande de la part de la famille pour l'enterrer, nous le ferions. (...) S'ils veulent transporter son corps ici, il peut être enterré au Danemark dans le cimetière musulman" de Brondby.

En 2015, ce fonds avait déjà organisé l'enterrement d'un jihadiste danois d'origine palestinienne, Omar El-Hussein, auteur de deux attentats à Copenhague. Kasem Said Ahmad avait alors invoqué "un soutien à la famille". A l'époque, la cérémonie avait attiré quelque 500 personnes. Interrogé par l'AFP sur les modalités d'un éventuel enterrement d'Adel Kermiche, le Fonds n'a pas souhaité répondre. C'est à la mairie de Saint-Etienne-du-Rouvray que reviendra la décision délicate de délivrer ou non le permis d'inhumer.