Policiers tués à Magnanville : ce que l'on sait sur le nouveau suspect mis en examen

Un homme de 24 ans, déjà connu par la justice antiterroriste, a été mis en examen et placé en détention provisoire, lundi, après la découverte de son ADN sur la scène du crime.

Un policier décrochant une photo de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, tués dans leur résidence à Magnanville, après un hommage organisé à Pezenas le 20 juin 2016. 
Un policier décrochant une photo de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, tués dans leur résidence à Magnanville, après un hommage organisé à Pezenas le 20 juin 2016.  (SYLVAIN THOMAS / AFP)

Le jihadiste Larossi Abballa, auteur présumé du meurtre d'un couple de policiers tués à coups de couteaux dans leur pavillon de Magnanville en juin 2016, n'a peut-être pas agi seul. La question est en tous cas posée après la mise en examen, lundi 11 décembre, de Mohamed Lamine Aberouz pour "complicité d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste". Selon les informations du Parisien, l'ADN de cet homme de 24 ans a été retrouvé sur l'ordinateur du couple. Avant cette découverte, les enquêteurs étaient convaincus que Larossi Abballa, qui avait revendiqué son acte au nom du groupe Etat islamique en direct sur les réseaux sociaux, avait agi seul. Franceinfo fait le point sur ce nouveau suspect.

C'était un ami proche de Larossi Abballa 

"Il est incontesté qu'ils ont été des amis proches", ont avoué les avocats de Mohamed Lamine Aberouz, dans un communiqué. C'est d'ailleurs un argument dont ils espèrent se servir pour dédouaner leur client – qui a été placé en détention provisoire – avançant que son "ADN a été probablement transporté via le véhicule d'Abballa", car il s'est "souvent trouvé dans ce véhicule". Le grand frère de Mohamed Lamine Aberouz, Charaf-Din, âgé lui de 31 ans, a également été mis en examen : il est soupçonné d'avoir fourni une aide logistique à Larossi Abballa, mais a été remis en liberté le 29 septembre 2017, après "des vérifications faites sur les charges qui ont démontré que les indices n'étaient plus pertinents", selon Bruno Vinay, son avocat.

Il était connu pour sa radicalisation 

En avril 2017, Mohamed Lamine Aberouz avait déjà été mis en mis en examen dans le cadre du double assassinat de Magnanville. Il avait été relâché faute de preuves. A l'époque, il déclarait avoir "une pratique modérée" de l'islam. Mais "ce père divorcé au chômage, titulaire d'un bac pro d'électrotechnique" était connu pour sa radicalisation, écrit Le Parisien"Il se montrait réticent lorsqu'il s'agit de développer certains sujets, tels que les attentats perpétrés en France et son voyage en Mauritanie", note d'ailleurs un document judiciaire, cité par le quotidien francilien. Le Franco-Marocain avait en effet effectué un séjour dans ce pays entre 2010 et 2011, pour "perfectionner sa connaissance de l'arabe", assure-t-il.

Il apparaît dans un autre enquête terroriste

En septembre 2016, Mohamed Lamine Aberouz a été mis en examen dans l'enquête sur le commando de femmes soupçonné d'avoir préparé un attentat à la voiture piégée près de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Il était alors le compagnon de Sarah Hervouët, l'une des principales suspectes. Laquelle avait auparavant été la "promise" de Larossi Abballa, puis d'Adel Kermiche, l'un des deux jihadistes qui ont tué un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, le 26 juillet 2016. Après quatre mois de détention provisoire, Mohamed Lamine Aberouz avait été libéré en janvier 2017. Et il n'est pas le seul lien présumé entre l'attentat déjoué de Notre-Dame et le double assassinat de Magnanville : Rachid Kassim, l'un des propagandistes francophones les plus dangereux du groupe Etat islamique, était en contact avec Larossi Abballa et le commando de femmes via la messagerie cryptée Telegram. Il est suspecté d'avoir téléguidé les deux attaques depuis la zone irako-syrienne où il s'était réfugié.