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Attentat à Strasbourg : l'appel à témoins pour retrouver Cherif Chekatt permet d'éviter "qu'il soit aidé par le grand banditisme"

Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, évoque sur franceinfo les avantages et inconvénients de l'appel à témoins diffusé pour retrouver l'auteur présumé de l'attaque du marché de Noël de Strasbourg.

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Radio France
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Contrôle de police à la frontière franco-allemande, le 13 décembre 2018. (SEBASTIAN GOLLNOW / DPA)

Même si Cherif Chekatt, l'auteur présumé de l'attaque du marché de Noël de Strasbourg mardi soir, "connaît bien Strasbourg", ce n'est pas "un grand bandit" et il va "avoir du mal à assurer une cavale pendant beaucoup de temps", a expliqué jeudi 13 décembre sur franceinfo Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du syndicat des cadres de la sécurité intérieure. "En plus, il est blessé. Je pense que c'est une question d'heures ou de jours pour que la police interpelle cet individu qui est très, très dangereux", a-t-il assuré.

"Tout citoyen devient un informateur potentiel"

Selon lui, l'appel à témoins diffusé pour le retrouver "a ses avantages". "Se sachant recherché, le suspect va devoir se cacher, se terrer, et tout citoyen devient pour lui un informateur potentiel", a-t-il affirmé. "De plus, cela éviterait qu'il ne soit aidé par le milieu du grand banditisme." 

Même s'il avait des gens qu'il a contactés par le passé, ils ne vont peut-être pas répondre à ses sollicitations, parce qu'on est dans un cadre très différent, où ils savent qu'ils risquent très gros.

Christophe Rouget

à franceinfo

"Quand vous êtes dans le milieu du banditisme, ajoute Christophe Rouget, pour vous aider à faire un braquage ou un cambriolage, il peut y avoir des appuis. Là, on est dans le cadre d'une attaque terroriste, et là, les autres délinquants qui le connaissent savent pour le coup qu'ils risquent très gros, et que c'est sur une assistance à quelqu'un qui a commis des actes barbares."

>> Attentat à Strasbourg : pourquoi franceinfo n'a pas diffusé la photo et le nom du suspect avant mercredi après-midi

Cependant, cet appel à témoins peut avoir "un effet parasite pour les enquêteurs". "Ça va générer une multitude d'appels qu'il va falloir traiter systématiquement, une masse d'informations qui sont souvent erronées, donc c'est chronophage, explique le secrétaire général adjoint. Sur le terrain aussi, il faut faire attention, parce qu'on a beaucoup de témoins potentiels qui vont croire reconnaître le suspect dans la rue, ce qui va nécessiter des interventions pour rien sur le terrain." Avec, évoque-t-il, le risque de mouvement de foule. D'après lui, l'appel à témoins est "un élément intéressant, mais pas sans inconvénients". "Il faut l'utiliser à bon escient", a-t-il souligné.

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