Fermée après l'assassinat de Samuel Paty, la Grande mosquée de Pantin doit garder portes closes, décide le Conseil d'Etat

Le Conseil d'Etat a rejeté la demande de suspension de la fermeture formulée par la Fédération musulmane de Pantin. 

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La Grande mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), le 20 octobre 2020.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

La Grande mosquée de Pantin, en Seine-Saint-Denis, ne rouvrira pas ses portes aux fidèles. Le Conseil d'Etat a indiqué, dans un communiqué diffusé mercredi 25 novembre, avoir rejeté la demande de suspension de la fermeture de ce lieu de culte"Le juge des référés du Conseil d'Etat estime que les propos tenus par les responsables de la Grande mosquée de Pantin et les idées ou théories diffusées en son sein constituent une provocation, en lien avec le risque de commission d'actes de terrorisme, à la violence, à la haine ou à la discrimination et sont de nature à justifier la fermeture du lieu de culte", a fait savoir l'institution. 

La fermeture administrative a été prononcée le 19 octobre par le préfet de Seine-Saint-Denis pour une durée de six mois. Fréquentée par 1 300 fidèles, cette mosquée est accusée par les autorités d'avoir alimenté la campagne sur les réseaux sociaux contre Samuel Paty, l'enseignant assassiné par un terroriste islamiste le 16 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). 

Le recteur de la mosquée avait diffusé le 9 octobre sur Facebook la vidéo dénonçant le cours de l'enseignant sur les caricatures de Mahomet, exigeant son éviction. S'en étaient suivis des commentaires révélant des informations importantes, selon un arrêté préfectoral.

Le Conseil d'Etat demande à la mosquée "des mesures" 

La Fédération musulmane de Pantin, organisme qui assure la gestion du lieu de culte, avait contesté cette décision et avait été déboutée par le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, avant de faire appel devant le juge des référés du Conseil d’Etat. Lors de l'audience lundi, le président de l'organisme religieux, M'hammed Henniche, avait estimé avoir donné des "gages" afin d'obtenir une réouverture plus rapide.

Le juge a par ailleurs indiqué que la mosquée de Pantin "est devenue un lieu de rassemblement pour des individus appartenant à la mouvance islamique radicale, dont certains n'habitent pas le département de Seine-Saint-Denis et ont été impliqués dans des projets d'actes terroristes".

Ainsi, "la fédération pourra demander la réouverture du lieu de culte lorsqu’elle estimera avoir pris les mesures de nature à prévenir la réitération des dysfonctionnements constatés, notamment par le choix des imams autorisés à officier, l’adoption de mesures de contrôle effectif de la fréquentation de la mosquée et des réseaux sociaux placés sous sa responsabilité", a indiqué le Conseil d'Etat dans son communiqué.

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