Enseignant décapité : "Comme tous les Français, je suis horrifié par ce qui s'est passé", s'indigne Gérard Collomb

Selon l'ancien maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur, "on a encore franchi un degré dans l'horreur".

Gérard Collomb, le 28 mai 2020 à Lyon.
Gérard Collomb, le 28 mai 2020 à Lyon. (JEFF PACHOUD / AFP)

"Comme tous les Français je suis horrifié par ce qui s'est passé. Un enseignant qui se fait décapiter, ça ne s'était jamais vu. On a encore franchi un degré dans l'horreur", s'est indigné samedi 17 octobre sur franceinfo Gérard Collomb, ancien ministre de l'Intérieur après la décapitation vendredi 16 octobre d'un professeur d'histoire à Conflans-Sainte-Honorine qui avait montré les caricatures de Charlie Hebdo à ses élèves.

"Je suis à la fois horrifié et un peu en colère. Depuis quelques années, quelques mois, on voit la violence monter, un commissariat attaqué au mortier [à Herblay dans la Val-d'Oise], un attentat contre les anciens locaux de Charlie Hebdo, et maintenant c'est un enseignant, ça va s'arrêter quand ?", s'est interrogé l'ancien maire de Lyon.

Déségréguer les quartiers

"Tout le monde se paye de bons mots pour déplorer [ce drame], mais on fait cela après chaque attentat, il faudrait peut-être prendre des mesures qui permettent de mettre fin à ce cycle de violences", a insisté Gérard Collomb, qui réclame "des actions de fond". Il y a une solution avancée par Gérard Collomb : "Déségréguer les quartiers, ça fait très longtemps qu'on ne mène plus ce combat-là et qu'au contraire on contribue à faire en sorte que les mêmes gens se retrouvent dans les mêmes quartiers", a-t-il martelé.

C'est une action "que nous avions commencée avec Jean-Louis Borloo et si on pense que c'est impossible tout le reste sera aussi impossible et en particulier la lutte contre le terrorisme. Avant c'était une idéologie importée, aujourd'hui, elle imprègne profondément un certain nombre de nos quartiers. Quand Jean-Louis Borloo avait fait la rénovation urbaine c'était pour remettre de la mixité.", a détaillé l'ex-ministre de l'Intérieur.

Si chacun vit dans son coin, alors demain ce sera chacun contre l'autre ou en tout cas quelques-uns voudront passer à l'acte au nom de leur religionGérard Collomb, ancien ministre de l'Intérieurfranceinfo

Pour Gérard Collomb, il "n'est pas trop tard", pour y parvenir même s'il concède que "ça devient de plus en plus urgent", d'autant qu'il faut selon lui "ne pas rajouter des problèmes aux problèmes". Il prend notamment l'exemple de "l'immigration", sur cette question "il faut de la fermeté et n'accueillir que ceux dont on est sûrs qu'on pourra intégrer, c'est-à-dire qu'il faut consacrer beaucoup d'argent à l'intégration. Il faut jouer sur les deux tableaux, à la fois prendre des mesures pour limiter l'immigration et donner des moyens de s'intégrer à ceux qu'on accueille. Il faut allier la générosité à la fermeté. On ne peut pas avoir l'une sans l'autre", a asséné Gérard Collomb.