Attentat de la rue des Rosiers : "Je trouve ça injuste, dégoûtant", dénonce la sœur d'une victime après les révélations sur un pacte secret conclu avec les terroristes

Un accord entre les terroristes et le renseignement français a été révélé 37 ans après l'attentat, qui a fait six morts et 22 blessés.

L\'attentat contre le restaurant Jo Goldenberg rue des Rosiers à Paris en 1982 a fait 6 morts et 22 blessés.
L'attentat contre le restaurant Jo Goldenberg rue des Rosiers à Paris en 1982 a fait 6 morts et 22 blessés. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"Je trouve ça injuste, dégoûtant", réagit Jacqueline Niégo-Thomas, l'une des proches d'une victime de l'attentat de la rue des Rosiers, à Paris. Trente-sept ans jour pour jour après l'attaque qui a fait six morts, une cinquantaine de personnes, familles et proches des victimes, se sont réunies vendredi 9 août devant le restaurant de Jo Goldenberg, dans le quartier juif du Marais, où a eu lieu l'attaque.

>> Attentat de la rue des Rosiers : l'ancien patron du renseignement français avait négocié un accord avec les terroristes

Jacqueline Niégo-Thomas, 80 ans, a perdu son frère André dans cet attentat. Elle a réagi sur France Bleu Paris aux déclarations de l'ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, qui a reconnu devant le juge avoir conclu un pacte avec les terroristes palestiniens. L'accord prévoyait que le groupe s'engage à ne plus commettre d'attaque en France, en échange de quoi ses membres pourraient continuer à venir en France sans être inquiétés.

On ne passe pas de pactes pareils avec des bandits, des assassins.Jacqueline Niégo-Thomas

Guillaume Denoix de Saint Marc, fondateur de l'association française des victimes du terrorisme, qui était présent à la cérémonie, a pour sa part confié ne pas être surpris par ces révélations. "Cela ne me surprend pas. Je suis tout à fait conscient des différentes politiques qui ont pu être menées", a-t-il déclaré.

Les États pensaient, naïvement, protéger la population, en laissant de manière très égoïste les terroristes frapper ailleurs.Guillaume Denoix de Saint Marc

"L'ensemble des États a compris que ce n'était pas la façon de faire et qu'une collaboration internationale était indispensable pour lutter contre le terrorisme", a poursuivi Guillaume Denoix de Saint Marc. Selon lui, "c'est pour cela que nous espérons que les États jordanien et norvégien collaborent et nous aident à ce que les prévenus puissent être jugés en France".

Dans cette affaire, quatre suspects ont été identifiés. Ils vivent en Jordanie, dans les Territoires palestiniens ou en Norvège. Le juge français antiterroriste Marc Trévidic a délivré en 2015 des mandats d'arrêt internationaux contre eux, mais la justice n'est pas parvenue à obtenir leur extradition.