Journée d'hommage aux victimes du terrorisme : "Une prise de conscience du fait que le terrorisme est une guerre"

Le porte-parole de l'Association française des victimes du terrorisme s'est félicité sur franceinfo de l'annonce d'une journée nationale, le 11 mars, consacrée aux victimes du terrorisme.

Emmanuel Macron, lors de la cérémonie en hommage à Arnaud Beltrame, le 28 mars 2018.
Emmanuel Macron, lors de la cérémonie en hommage à Arnaud Beltrame, le 28 mars 2018. (LUDOVIC MARIN / POOL)

"Il est très important qu'il y ait une journée nationale consacrée aux victimes du terrorisme mais aussi à tout ce que ça représente", a réagi vendredi 15 février sur franceinfo Guillaume Denoix de Saint-Marc après l'annonce d'Emmanuel Macron d'instaurer une journée d'hommage aux victimes du terrorisme le 11 mars. Pour le porte-parole et délégué général de l'Association française des victimes du terrorisme, "c'est un hommage bien sûr aux victimes, mais au-delà c'est une prise de conscience du fait que le terrorisme est une guerre qui nous concerne tous".

franceinfo : Est-ce important, selon vous, d'instaurer cette journée ?

Guillaume Denoix de Saint-Marc : Il est très important qu'il y ait une journée nationale consacrée aux victimes du terrorisme mais aussi à tout ce que ça représente. Ça veut dire aussi que derrière il y a une dimension éducative et d'information. C'est un hommage bien sûr aux victimes, mais au-delà c'est une prise de conscience du fait que le terrorisme est une guerre qui nous concerne tous et pour laquelle certains sont blessés ou meurent. L'ensemble de la société est concerné.

Savez-vous quelle forme cette journée d'hommage prendra ?

Je ne sais pas encore quelle forme elle prendra. Il y avait une cérémonie qui était organisée par les associations depuis vingt ans, elle avait lieu aux Invalides le 19 septembre. Là, nous pensons que le 11 mars sera quelque chose de légèrement différent. Nous allons d'ailleurs devoir gérer une complexité avec cette date, liée au fait que c'est aussi la journée européenne des victimes du terrorisme, qui est un symbole fort mais qui va nous conduire à gérer nos capacités d'ubiquité, puisqu'il y a, à la fois, des cérémonies à Bruxelles et sans doute dans toute la France. Il va falloir qu'on trouve le bon équilibre pour que cette journée ait à la fois une dimension française et européenne.

Pourquoi cette date du 11 mars ?

C'est une date qui avait été choisie par la Commission européenne pour l'ensemble des victimes du terrorisme européen. Ça correspond à la date de l'attentat d'Atocha [attentats de Madrid en Espagne le 11 mars 2004 qui ont été les plus meurtriers d'Europe depuis 1988, avec 191 morts, ndlr]. Le président a choisi cette date-là, ce n'est pas celle que nous aurions souhaitée en tant qu'association, mais nous allons nous y plier et nous allons tout faire pour que ce moment-là soit un vrai moment de réflexion et de citoyenneté où on réfléchit en quoi le terrorisme est une chose qui nous concerne tous.