Procès des attentats du 13-Novembre : les personnalités des accusés examinées, mais pas encore les faits

Toute la semaine, les 14 accusés ont répondu aux questions de la cour d'assises spéciale sur leur parcours, leur famille, leur scolarité, leur vie professionnelle. Mais ni la religion ni les faits n'ont été évoqués : ces questions seront abordées plus tard dans le procès. 

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Radio France
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Mohamed Abrini, ami d'enfance des frères Abdeslam, sur le banc des accusés, le 2 novembre 2021.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Samedi 6 novembre, neuf semaines se sont écoulées depuis le début du procès des attentats du 13-Novembre 2015 devant la cour d'assises spéciale de Paris. Le procès doit durer jusqu'au mois de mai 2022. Cette semaine était consacrée aux interrogatoires de personnalité des 14 accusés présents.

Les uns après les autres ils ont dû répondre aux questions de la Cour et des parties civiles sur leur enfance, leur scolarité, leur vie professionnelle et amoureuse, leur détention aussi. L'exercice est délicat : il s'agit d'évoquer leurs vies sans "déborder sur le fond" du dossier qui ne sera abordé qu'en 2022. Et c'est une frustration pour beaucoup de monde.  

"On a envie de savoir la suite"

Le président Jean-Louis Périès avait prévenu, dès mardi 2 novembre : pas question d'aborder les faits, ni la religion. Ces sujets seront examinés en janvier prochain lors de l'autre interrogatoire des accusés. Très souvent, cette semaine, quand l'un d'eux a parlé par exemple de son père imam ou de tel voyage en Égypte, il a fallu l'interrompre pour ne pas "déborder". Une fustration pour les nombreuses parties civiles qui suivent les débats avec la curiosité de découvrir les profils de ces hommes dans le box. "On est face à des personnes qui ont l'air banal, qui décrivent leur vie de famille comme simple et heureuse", témoigne Theodora, la vingtaine. La jeune fille a perdu son oncle à la terrasse du café La Bonne Bière. "On dirait presque des enfants de chœur, en fait... On a envie de savoir la suite et ce qui a fait qu'ils ont basculé... On se demande aussi comment réagissent les familles de ces accusés."

Salah Abdeslam s'est comme les autres prêté calmement à l'exercice de l'interrogatoire de personnalité. Comme les autres, il a évoqué son enfance, heureuse, sa scolarité, moyenne. Montrant un tout autre visage bien moins frondeur qu'en septembre quand, à l'ouverture du procès, il se présentait fièrement comme combattant de Daech, assumant les attentats au nom d'une "vengeance" après des bombardements français en Syrie.

Divers degrés d'implication

Son ami d'enfance Mohamed Abrini a lui aussi été assez prolixe dans ses réponses "Mohamed Abrini a été plutôt spontané. Il répond à tout, il ne joue pas un jeu. Il se soumet aux règles de la cour d'assises", commente son avocate Me Marie Violleau. Cet interrogatoire "montre à tout le monde que c'est un être humain." Les accusés "ont des parents, des frères et sœurs. Ils sont allés à l'école, parfois même à la fac. Ils ont travaillé, ils ont des fiches de paye". Mais Marie Violleau regrette que le calendrier soit découpé de "manière un peu artificielle"

"Je trouve dommage qu'on n'ait pas pu être aborder l'aspect religieux. Leur personnalité est nécessairement liée aux faits et leur personnalité est nécessairement liée à leur foi."

Me Marie Violleau, avocate de Mohamed Abrini

à franceinfo

Cette semaine d'interrogatoire a aussi été l'occasion de voir qu'il y a parmi les 14 accusés présents, des hommes aux degrés d'implication très divers dans les attentats. Du petit dealer au casier vierge qui comparait libre et risque six ans de prison pour être allé chercher Salah Abdeslam à Paris la nuit des attaques jusqu'au hauts gradés de l'État islamique qui encourent, eux, la perpétuité. 

Au procès du 13-Novembre, la personnalité des accusés examinée - le reportage de Mathilde Lemaire
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