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Procès des attentats du 13-Novembre : la personnalité des accusés au centre des audiences

Après les témoignages des parties civiles au procès des attentats du 13-Novembre, la Cour d'assises spéciale de Paris se penche mardi sur la personnalité des quatorze accusés, dont Salah Abdeslam, qui sera entendu le premier à la mi-journée.

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Radio France
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Des policiers surveillent l'entrée de la salle d'audience de la cour d'assise spéciale, au palais de justice de Paris, le 8 septembre 2021. (ALAIN JOCARD / AFP)

Une nouvelle séquence, s'ouvre mardi 2 novembre au procès des attentats du 13 novembre 2015 devant la Cour d'assises spéciale de Paris. Alors que le procès va durer jusqu'en mai, après cinq semaines au cœur des ténèbres avec les récits à la barre des rescapés, des blessés, des endeuillés, la Cour va se pencher cette semaine sur la personnalité de chacun des quatorze accusés. À commencer par Salah Abdeslam à 12h30 à l'ouverture de l'audience.

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Deux mois que ce procès a débuté et c'est la première fois qu'on devrait entendre en longueur les accusés, avec un glissement du registre de l’émotion vers un temps plus technique. Il ne sera pas question des faits qui sont reprochés aux accusés, pas question de leurs rôles dans ces attentats. La Cour se penchera plutôt sur leur enfance, leur famille, leur scolarité, leur passé professionnel et éventuellement judiciaire. Le président a bien précisé qu'il ne serait question que plus tard dans le procès de leur rapport à la religion et de leur parcours syrien pour ceux qui se sont rendus en Syrie.

L'étape cruciale de l'interrogatoire de personnalité

L’interrogatoire de personnalité est une étape cruciale qu'attendent certains accusés. "Je ne suis pas dans leur cerveau mais je pense qu’avoir passé cinq semaines à écouter autant de douleur donne bien évidemment envie de réagir", estime Me Stanislas Eskenazi l'avocat belge d'une des principaux suspects, Mohamed Abrini, ami proche de Salah Abdeslam. "Certains ont d’ailleurs réagi pendant les audiences du fait de l’émotion qu’ils ont pu percevoir", poursuit Me Eskenazi.

"Après ce moment très lourd de la déposition des parties civiles, il est utile maintenant connaitre l'histoire des accusés et savoir à qui nous avons à faire. Et se rappeler que ce sont des êtres humains."

Me Eskenazi

à franceinfo

Dans quel monde évoluaient les quatorze accusés, dont onze comparaissent détenus ? Par quoi étaient-ils animés avant ces attaques du 13-Novembre ? Parce qu'ils espèrent des réponses à ces questions, entre autres, quantité de victimes ou proches de victimes devraient venir écouter ces interrogatoires ou vont les suivre sur la webradio mise à leur disposition. Héléna Christidis est avocate de plusieurs parties civiles : "Pour bien juger, il faut comprendre, c’est primordial."

"Mes clients attendent de savoir qui est dans le box, qui sont les quatorze accusés, quel est leur parcours."

Me Christidis

à franceinfo

"Aux assises, poursuit Me Christidis, les accusés ne sont pas juste des monstres, comme on peut parfois l’entendre dans certains procès. Ils ont un parcours, une vie avant. Et des fragilités, aussi. Cela permet de mieux juger et de prononcer un peine adaptée à la personnalité des uns et des autres."

Salah Abdeslam qui au cours de plusieurs prises de parole depuis le début du procès s'est présenté comme un combattant de Daech revendiquant les attentats sera-t-il aussi prolixe quand il s'agira de répondre aux questions de la Cour et des parties concernant son enfance, son adolescence, son environnement ? Il sera le premier à être interrogé.

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