Procès de Jawad Bendaoud : les neuf moments les plus surréalistes de son interrogatoire

Le logeur de deux des terroristes du 13-Novembre a "fait le show", jeudi, alignant propos décousus, mimiques et métaphores douteuses.

Un dessin représente Jawad Bendaoud, le 24 janvier 2018, le premier jour de son procès à Paris. 
Un dessin représente Jawad Bendaoud, le 24 janvier 2018, le premier jour de son procès à Paris.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Salle d'audience ou théâtre de boulevard ? La première audition de Jawad Bendaoud devant le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 25 janvier, a tourné à la comédie. Avec un débit ultra-rapide, le logeur de deux des jihadistes des attentats du 13-Novembre a tenté de démontrer qu'il ignorait héberger des terroristes dans son squat de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Mais ses propos décousus, émaillés de mimiques et de métaphores douteuses, ont laissé une désagréable impression aux familles des victimes, venues assister au procès. Franceinfo revient sur les moments les plus surréalistes de cette audience, qui ont le plus souvent laissé de marbre la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez.

Quand il convoque la gastronomie pour se dédouaner

C'est la principale interrogation de ce procès : Jawad Bendaoud savait-il qu'il hébergeait des terroristes dans le squat qu'il mettait à disposition à Saint-Denis ? Le prévenu répond que s'il l'avait su, il ne serait pas rentré chez lui "tranquillou", pour manger "un petit sandwich escalope-Boursin". Pour convaincre qu'il y a eu méprise sur le profil des individus, il lâche cette phrase : "On m'a vendu un bœuf bourguignon, j'ai fini avec un couscous."

Quand il évoque JoeyStarr, SnoopDog et Ben Laden

Comment Jawad Bendaoud pouvait-il imaginer que les personnes qu'il hébergeait pouvaient être les terroristes que toute la France traquait ? Impossible, car c'est comme si JoeyStarr rejoignait Daech, tente-t-il. Ou "comme si vous me disiez que Snoop Dogg fait des soirées avec Ben Laden".

Quand il explique son rapport à la drogue en déclamant une comptine

Avant d'accueillir les jihadistes, Jawad Bendaoud s'était drogué. Il s'en explique en prenant à partie le public et les avocats qui assistent à l'audience : "Je sais pas si quelqu'un prend de la cocaïne dans la salle, demande-t-il. Mais c'est terrible. Tu prends un gramme, deux grammes et pic et pic et colégram."

Quand il raconte sa vie de citoyen "pas honnête".

"On n'est pas des honnêtes citoyens", lance-t-il à la présidente, en expliquant qu'il n'achète jamais de puce téléphonique à son nom. A un autre moment de l'audience, il raconte que c'est l'appât du gain qui l'a incité à accepter de loger des inconnus.

Quand il parle de ses relations avec les femmes

Les débats se sont aussi aventurés dans les recoins de la vie privée de Jawad Bendaoud. L'intéressé s'est ainsi cru autorisé à évoquer "son style de filles", ou la façon dont il s'est fait "griller" par sa femme alors qu'il la trompait avec une autre. Enfin, il explique s'être drogué pendant plusieurs jours après qu'une "copine" lui a annoncé être enceinte de lui.

Quand il livre des détails intimes dont on se passerait bien

Quand son cerveau lui "joue des tours"

Durant l'audience, Jawad Bendaoud s'est parfois emmêlé les pinceaux, confondant par exemple son complice présumé, Mohamed Soumah, avec le terroriste Abdelhamid Abaaoud. "Mon cerveau, il me joue des tours", explique-t-il, rappelant qu'il est "depuis vingt-sept mois à l'isolement" en prison.

Quand il donne quelques détails vestimentaires... et se renifle les aisselles

Quand il évoque ses codétenus

Un détenu qui crie "Allah Akbar" n'est pas forcément radicalisé, explique Jawad Bendaoud. Avec cette observation à l'appui : "Vous voulez que je vous cite le nombre de détenus qui crient 'Allah Akbar, quand je sors je vais tout faire péter' et quand ils sortent, ils se tapent 1 mojito et 1 escort-girl ?"