INFO FRANCE INTER. Attentats du 13-Novembre : le gilet explosif de Salah Abdeslam était défectueux

Une expertise, demandés par les juges d'instruction en charge de l'enquête sur les attentats du 13-Novembre, montre que le gilet explosif de Salah Abdeslam ne pouvait pas fonctionner, car une pièce était défectueuse.

Les forces de police et les secours devant la salle de concert du Bataclan à Paris le 13 novembre 2015, où 90 personnes ont été tuées.
Les forces de police et les secours devant la salle de concert du Bataclan à Paris le 13 novembre 2015, où 90 personnes ont été tuées. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Le gilet explosif de Salah Abdeslam, dernier membre présumé des commandos des attentats parisiens du 13-Novembre encore vivant, était défectueux. C'est ce que révèle, jeudi 25 janvier, une expertise, demandée par les juges d’instruction, que France Inter a pu consulter.

Le vendredi 13 novembre 2015, après l'attentat du Bataclan et du boulevard Voltaire, où son frère Brahim s'est fait exploser devant le restaurant Le Comptoir Voltaire, Salah Abdeslam a abandonné sa voiture dans le 18e arrondissement de la capitale. Il a traversé ensuite Paris jusqu'à Montrouge (Hauts-de-Seine), où il a jeté son gilet explosif sur le trottoir. Les enquêteurs ont alors constaté qu'il manquait la pile et le bouton poussoir.

Un câble abîmé, une pièce du détonateur cassée

Plus de deux ans après les attentats, le rapport de police scientifique est formel : même avec ces deux éléments, le gilet explosif ne pouvait pas fonctionner. Un câble était abîmé à l'avant et une petite pièce du détonateur était cassée à l'arrière. Le dispositif a été testé en laboratoire. Le courant ne passait pas.

Depuis le mois de novembre 2015, la question était de savoir si le dixième homme du commando venu semer la terreur à Paris n’avait pas renoncé au dernier moment en abandonnant son gilet explosif.

Le rapport conforte les témoignages de proches du terroriste

Cette expertise ne permettra pas de savoir si Salah Abdeslam a tenté d'appuyer sur le bouton qui devait se trouver sur le gilet. Mais le rapport conforte les témoignages de trois proches de Salah Abdeslam, deux amis venus le récupérer à Paris et le dernier homme qui l'a hébergé à Bruxelles en Belgique. Salah Abdeslam leur a affirmé que gilet explosif n'avait pas fonctionné. Dans une lettre retrouvée après son arrestation, il assure qu'il voulait mourir en martyre.

Il reste désormais une grande inconnue : quelle pouvait être sa cible le soir du 13 novembre 2015 ? Salah Abdeslam sortira peut-être de son silence le 5 février 2018 à Bruxelles. Il doit y être jugé pour une fusillade.