Attentats de Paris : le patron d'une pizzeria aurait vendu une vidéo de l'attaque pour 50 000 euros, selon Canal+

Le "Daily Mail", un quotidien britannique, a diffusé ces images de vidéo-surveillance filmées lors de l'attaque, vendredi 13 novembre, du restaurant Casa Nostra, rue de la Fontaine au Roi.

Capture d\'écran de la vidéo, diffusée par le Daily Mail, de l\'attaque de la pizzéria Caza Nostra, à Paris, par des terroristes, le 13 novembre 2015.
Capture d'écran de la vidéo, diffusée par le Daily Mail, de l'attaque de la pizzéria Caza Nostra, à Paris, par des terroristes, le 13 novembre 2015. (DAILY MAIL)

Ce sont parmi les images les plus impressionnantes des attentats de Paris : le 18 novembre, le quotidien britannique Daily Mail a diffusé la vidéo, tournée par des caméras de surveillance, de l'attaque de la pizzeria Casa Nostra, rue de la Fontaine au Roi. Dans cette rue du 11e arrondissement, les terroristes ont fait cinq victimes. Cette vidéo (diffusée deux jours plus tard par France Télévisions) s'est négociée à prix d'or, a affirmé un journaliste dans le "Petit Journal" de Canal+ : le Daily Mail a déboursé 50 000 euros.

Un hacker pour contourner un mot de passe

Sur le plateau de l'émission, diffusée en clair tous les soirs, le journaliste Djaffer Aït Aoudia, qui réalisait un article sur le patron de la pizzeria, le lendemain de l'attaque, a raconté comment il a assisté aux négociations entre le journaliste britannique et le patron du restaurant. Un échange filmé en caméra cachée. La séquence commence un peu avant la 17e minute de cette vidéo.

Egalement visionnées par des policiers dans le cadre de l'enquête sur les attentats, les images étaient protégées par un mot de passe mis en place par les forces de l'ordre, assure Djaffer Aït Aoudia. Le patron de la pizzeria explique, sur les images en caméra cachée, qu'il va faire appel à un hacker pour récupérer la vidéo.

S'en suit une négociation avec le journaliste britannique, qui propose d'abord 12 000 euros, et finit par accepter de payer 50 000 euros. On le voit expliquer que sept autres personnes l'ont aidé à réunir la somme en liquide. Le disque dur où se trouvait la vidéo a ensuite été détruit, selon Djaffer Aït Aoudia, pour garantir l'exclusivité des images. Le Daily Mail et le patron du restaurant ont refusé tout commentaire.

A Saint-Denis, un marché noir des vidéos de l'assaut

Les images de l'assaut de la police à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), mercredi 18 novembre, avaient, elle, fait l'objet d'un véritable marché noir, comme l'a constaté notre journaliste sur place.

Lundi, Le Parisien a publié le témoignage de deux jeunes femmes qui se trouvaient en terrasse du restaurant. C'est en visionnant la vidéo qu'elles ont compris qu'un des tireurs avait tenté de les abattre, mais qu'il n'avait plus de munitions.