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Attentats du 13-Novembre : une fausse victime présumée comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris

Cette femme de 32 ans, sous contrôle judiciaire, est jugée mardi pour faux témoignage et escroquerie au fonds de garantie des victimes. 

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Radio France
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Des Parisiens rendent hommage aux victimes des attaques terroristes de Paris du 13-Novembre, devant le bar Le Carillon et Le Petit Cambodge, le 20 novembre 2015. (?FRANCOIS LAFITE/WOSTOK PRESS / MAXPPP)

Pendant deux ans, une jeune femme s'est présentée comme la porte-parole des victimes des attaques des terrasses lors des attentats qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés à Paris le 13 novembre 2015, jusqu'à ce que son mensonge soit démasqué ces derniers mois. Alexandra D, 32 ans, sous contrôle judiciaire, comparaît mardi 2 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris, pour escroquerie au fonds de garantie des victimes et également pour faux témoignage.

Le reportage de Mathilde Lemaire
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Lors de ses nombreuses apparitions dans la presse écrite et audiovisuelle, au cours des cérémonies d'hommage où elle aimait rencontrer les élus et autres représentants officiels dans les réunions de victimes, elle portait toujours sur la tête une couronne de fleurs. Alexandra D. disait avoir reçu une des premières rafales de kalachnikov alors qu'elle était assise en terrasse au bar le Carillon, dans le 10e arrondissement de Paris. Deux de ses amis y étaient morts selon ses dires et elle gardait une cicatrice de six centimètres au coude, près de laquelle elle avait fait tatouer la devise de la ville de Paris "Sed Fluctuat Nec Mergitur".

Des incohérences qui sèment le doute

Mais, au fil des mois, des adhérents de l'association Life for Paris dans laquelle elle militait ont fini par relever des incohérences dans son récit. Avec notamment l'exhumation d'une interview que la trentenaire avait donné le lendemain des attentats : face caméra, les yeux rougis, elle y expliquait être une habituée du Carillon, mais par chance ne pas y avoir été présente au moment de la fusillade. Elle ne portait alors pas la moindre trace de blessure.

L'association Life For Paris qui s'est sentie trahie, est aujourd'hui partie civile pour ce procès. Tout comme l'association française des victimes du terrorisme (AFVT). Son directeur général se souvient, amer, de la participation de la jeune femme à un stage thérapeutique pendant une semaine dans un hôtel en Normandie. "Pendant une semaine, elle était avec d'autres victimes encadrées par notre équipe de psy. Elle a pris la place d'une victime. Elle nous a menti. C'est insupportable pour les victimes qui se sont dévoilées dans un cercle de confiance", raconte Guillaume de Saint-Marc. "Nous, on n'est pas là pour faire des investigations. A priori on croit les victimes et il faut qu'on reste comme ça. Si on commence à être suspicieux chaque fois qu'on rencontre quelqu'un, les victimes le vivraient très mal", poursuit-il.

C'est quelqu'un qui est assez brillante parce qu'elle a réussi à tromper tout le monde

Guillaume de Saint-Marc

à franceinfo

Alexandra D. avait réussi à se faire verser par le fonds de garantie de l'État pas moins de 20 000 euros d'indemnisation. Une fraude passible de sept ans de prison. Une quinzaine de personnes ont désormais été condamnées pour tentative d'escroquerie ou escroquerie liées aux attentats de 2015.  

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