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Les 4 Vérités - Mathieu Guidère : l’attentat de Nice "inévitable"

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L'islamologue Mathieu Guidère est l'invité de Jean-Paul Chapel sur le plateau des 4 Vérités de France 2 ce lundi 18 juillet.

Mohamed Lahouaiej Bouhlel n'est ni un fou ni un fou de Dieu, selon l'islamologie Mathieu Guidère. "C'est un profil plutôt classique de délinquant qui dérive vers l'islamisme radical. On a vu ça à Molenbeek (Belgique). C'est une tendance régulière aujourd'hui d'un certain nombre d'individus qui, après avoir pêché, vont se racheter à la dernière minute en basculant dans le terrorisme. C'est comme une rédemption pour eux", explique-t-il ce lundi matin dans les 4 Vérités.

Le spécialiste de l'islam et du monde arabe identifie deux types de profil dans cette conversion express à la radicalisation : "On a un profil qui use de la dissimulation, qui va faire semblant de vivre comme un mécréant pour passer inaperçu, et un profil qui se réveille à la dernière minute et tente de racheter son âme en s'engageant dans la violence". Selon le professeur de l'université Paris-8, "on n'aurait pas pu éviter l'attentat de Nice, car le tueur n'était même pas fiché, mais on aurait pu minimiser le nombre de victimes si la promenade des Anglais avait été sécurisée sérieusement avec de vrais plots de sécurité, des chicanes et des militaires prêts à tirer comme en Israël, en Égypte, en Irak ou en Tunisie".

La France a pris la place des États-Unis dans l'imaginaire jihadiste

Pour Mathieu Guidère, "c'est une évidence", il y a un "acharnement contre la France : quatre attentats en 18 mois, 250 victimes sans parler des blessés". Et d'expliquer : "Entre 1995 et 2011, il n'y a eu aucun attentat d'envergure. À partir de la tuerie de Merah en 2011, la France s'est mise à prendre la place des États-Unis dans l'imaginaire jihadiste. Face au retrait américain, la France s'est retrouvée sur le devant de la scène. Maintenant c'est trop tard, on ne peut plus revenir en arrière. La seule chance de la France pourrait être que le nouveau président américain revienne à une politique étrangère plus dure".

Enfin, la déclaration de Nicolas Sarkozy, ("c'est eux ou nous"), "ne va pas dans le bon sens, relève l'auteur de l'ouvrage Le retour du califat publié chez Gallimard, ni dans la pacification de nos relations extérieures, ni dans la pacification de nos relations intérieures. On ne peut pas faire la guerre à un concept et le terrorisme est un concept. C'est une guerre infinie".

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