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Alerte géolocalisée en cas d'attentat : "En France, la technologie existe, mais elle n'est toujours pas opérationnelle"

La France ne dispose pas de SMS géolocalisés en cas d'attentat. Alexandre Archambault, avocat spécialisé dans le droit numérique, explique à franceinfo pourquoi ce dispositif n'est toujours pas en actif en France. 

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Propos recueillis par - Carole Bélingard
France Télévisions
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Temps de lecture : 2 min.
L'application d'alerte d'informations des populations, SAIP, installée sur un smartphone au lancement de l'Euro 2016, le 8 juin. (BERTRAND GUAY / AFP)

"Paris 1er arrondissement : Alerte attentat. Abritez-vous, ne vous exposez pas." Ceux qui ont installé l'application SAIP sur leur smartphone ont reçu cette notification, samedi 17 septembre. Au final, cette alerte a été déclenchée à la suite d'un canular, mais le dispositif a bien fonctionné. SAIP est une application pour smartphones lancée par le gouvernement au début de l'Euro, en juin. Elle est censée alerter et informer les populations en cas d'attentats, par exemple. Mais encore faut-il l'avoir installée sur son smartphone.

Aux Etats-Unis, les personnes présentes à New York (Etats-Unis) ont toutes reçu, lundi 19 septembre, sur leur téléphone un SMS d'arlerte, et ce sans application dédiée. Il s'agissait d'un avis de recherche d'un homme soupçonné d'avoir un lien avec l'explosion d'une bombe dans la ville, samedi. Franceinfo a demandé à Alexandre Archambault, avocat spécialisé dans le droit numérique, pourquoi la France ne dispose pas d'un tel dispositif. 

Franceinfo : La France dispose-t-elle de la technologie permettant un système d'alerte géolocalisée ?

Alexandre Archambault : Mais oui ! La technologie, qui s'appelle SMS CellBroadcast, existe depuis 1996. Elle a même été codifiée selon les normes GSM européennes. Ce sont les Etats-Unis qui ont été les premiers à utiliser cette technologie. En France, tous les opérateurs l'ont implantée depuis 2012, mais depuis cinq ans, elle n'est toujours pas opérationnelle. 

Quels sont les freins alors ?

Il s'agit surtout d'un problème d'organisation. L'Etat veut que chaque centre de secours, chaque préfecture puisse envoyer ses messages d'urgence sur ce système d'alerte. Or, les opérateurs réclament une coordination, un guichet unique, comme c'est le cas aux Etats-Unis. Pour des raisons de sécurité, les opérateurs ne peuvent pas gérer autant d'accès à autant de services. Ils ne peuvent pas risquer de mettre les réseaux par terre.

Pour rendre ce système fonctionnel, les opérateurs ont donc demandé,  depuis 2012, une interface unique à l'Etat. Pour l'instant, l'Etat a préféré opter pour l'application SAIP. C'est complémentaire, mais cela nécessite une installation volontaire sur son smartphone, contrairement au SMS.

Cette technologie permettrait-elle à tous les possesseurs de téléphone portable de recevoir ces SMS d'alerte ?

C'est certain que se pose toujours la question des anciens terminaux [c'est-à-dire des anciens téléphones]. Tous ne pourront pas recevoir ces SMS d'alerte. Mais le parc de téléphones est largement renouvelé. Par ailleurs, on peut imaginer de coupler ces SMS avec d'autres systèmes connectés, comme les bornes d'affichage sur les autoroutes ou dans les transports en commun.

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