Agression de militaires au Louvre : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de François Molins

Le procureur de la République de Paris s'est exprimé, vendredi, sur les circonstances de l'attaque de militaires au Carrousel du Louvre, vendredi matin.

Le procureur de la République de Paris François Molins lors d\'une conférence de presse à Paris, le 25 novembre 2016.
Le procureur de la République de Paris François Molins lors d'une conférence de presse à Paris, le 25 novembre 2016. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Un homme armé de deux machettes a agressé des militaires de l'opération Sentinelle, vendredi 3 février, dans l'enceinte du Carrousel du Louvre à Paris. Un militaire a ouvert le feu pour riposter, blessant grièvement l'assaillant.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a donné une conférence de presse dans la soirée pour préciser les circonstances de cette attaque. Voici ce qu'il faut en retenir.

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L'assaillant est "grièvement blessé"

François Molins est revenu sur le déroulé de l'attaque. "Il 9h50, alors que quatre militaires de l'opération Sentinelle se trouvent en patrouille au sous-sol du Carrousel du Louvre, dans une zone en amont du contrôle des sacs", a détaillé le procureur de la République. Un individu est arrivé par le grand escalier, côté Tuileries. Il portait un sac à dos, un tee-shirt noir avec une tête-de-mort imprimée dessus, une machette dans chaque main, les bras levés et pliés derrière la tête.

"Il s’est précipité sur les militaires en criant 'Allah akbar', a frappé à la tête un premier militaire, qui l'a repoussé, avant se précipiter sur un second militaire qui est tombé au sol et a tenté de lui donner des coups de machettes", a jouté François Molins. Ce dernier a essayé de le repousser à coups de pieds, mais l'assaillant est revenu vers lui.

Le militaire au sol a alors tiré sur la partie basse de l’abdomen de l'assaillant, sans réussir à l'arrêter. Il lui a ensuite tiré dessus de nouveau à trois reprises, le blessant grièvement. "Son pronostic vital est engagé. Les militaires ont scrupuleusement respecté la doctrine d'emploi d'usage des armes", a précisé le procureur. 

Il s'agit d'un Egyptien de 29 ans

Les enquêteurs ont retrouvé sur les lieux de l'attaque deux machettes militaires de 40 cm chacune, un sac à dos avec des bombes aérosols et une veste abandonnée avec un téléphone portable.

"Son identité n'est pas formellement établi (...) mais les recherches ont permis de cibler un individu de 29 ans de nationalité égyptienne. (...) Il n'est pas connu sur le fichier automatisé des empreintes", a assuré le procureur de la République.

Il a loué un appartement et une voiture à Paris

Le 30 octobre 2016, l’assaillant résidant aux Emirats arabes unis, a déposé une demande de visa touristique au consulat de France à Dubaï, qui lui a été remis le 8 novembre 2016, pour un séjour d’un mois du 20 janvier au 20 février 2017.

"Le 26 janvier 2017, il est arrivé à l'aéroport Charles-de-Gaulle depuis Dubaï, son vol retour était prévu le 5 février", a détaillé François Molins. Le même jour, il a emménagé dans un appartement en location, pour 1 700 euros, dans le 8e arrondissement de Paris. 

Le lendemain, il a loué un véhicule, qui a été retrouvé, vendredi, dans le 8e arrondissement. Le 28 janvier à 17h31, il aurait acheté deux machettes à l’armurerie Armes Bastille, dans le 11e arrondissement"L'achat a été réalisé par un individu se présentant comme un Egyptien, pour un montant de 680 euros payés en liquide", a détaillé le procureur de la République.

Au cours de leur perquisition, les enquêteurs ont découvert dans ce logement 960 euros en argent liquide, les étuis des machettes et leur facture d’achat, un iPad, plusieurs cartes prépayées, des vêtements pour environ une semaine, une batterie autonome de téléphone, un passeport égyptien avec des visas pour l'Arabie saoudite et deux visas pour la Turquie. Un permis de résident émirati a aussi été retrouvé, ainsi qu'un permis de conduire et une carte bancaire des Emirats.

Il est impossible de savoir "s'il a agi seul, spontanément, ou sur instruction"

"Les investigations se poursuivent tant en France qu’à l’étranger, a précisé François Molins. Reste à déterminer le parcours, les motivations de l’auteur et découvrir, notamment, s’il a agi seul, spontanément, ou, au contraire, sur instructions."