Rassemblements de policiers : pour le syndicat SGP Police il ne faut pas "monter la justice contre la police"

"On n'est pas là pour s'opposer aux magistrats, on veut travailler avec eux", a indiqué lundi sur franceinfo, Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat SGP Police.

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Radio France
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Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat unité SGP-FO sur franceinfo, le 27 juillet 2021. (FRANCEINFO)

"Il ne faut surtout pas monter la justice contre la police", a estimé sur franceinfo lundi 2 mai Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat SGP Police. Il réagit aux rassemblements qui ont lieu dans plusieurs villes de France à l'appel des syndicats Alliance, Synergie et UNSA pour soutenir leur collègue poursuivi pour "homicide volontaire" après avoir tué deux hommes, après un refus d'obtempérer, le soir du 24 avril, sur le Pont Neuf.

franceinfo : Pourquoi est-ce que vous ne participez pas à ce rassemblement ?

Jean-Christophe Couvy : Nous soutenons notre collègue comme tous les policiers de France, nous sommes toujours à ses côtés. Après, il faut dépassionner les débats. On a pris attache avec son avocat, son défenseur, qui a bien dit que ça ne servait à rien de faire monter la pression et qu'au contraire, pour préparer une défense, il faut du calme. Il faut faire retomber la pression. Il faut surtout ne pas diviser, comme le font Alliance et l'UNSA, et ne pas monter la justice contre la police.

Vous faites davantage confiance en la justice que les autres syndicats ?

Les policiers travaillent tous les jours avec la justice. On connaît les magistrats, on connaît les procureurs de la République. On ne peut pas tout d'un coup dire qu'ils sont anti-police. Je ne fais pas de populisme, je fais du syndicalisme. Dans une affaire comme celle-là, on veut aider nos collègues à avoir une meilleure prise en compte. Quand il y a une affaire comme ça, ce n'est pas normal que nos collègues aillent directement en garde à vue comme des braqueurs. On veut une juridiction spécialisée. Il faut que les magistrats soient sensibilisés à la psychologie de l'utilisation de l'arme des policiers. On pourrait imaginer pour toutes les forces de l'ordre une garde à vue aménagée. C'est à discuter avec la magistrature. On n'est pas là pour s'opposer aux magistrats, on veut travailler avec eux. En revanche, on a une protection fonctionnelle normalement. Or pour ce policier, l'administration au bout de trois, quatre jours, n'a pas encore daigné lui donner un avocat. Quand un fait comme celui-là arrive, notre administration doit être plus près de nous.

Vous pensez que ce rassemblement est contre-productif tant que le procès n'a eu lieu ?

Le magistrat a suivi la jurisprudence. Faire une manifestation avec des banderoles, comme une kermesse, ce n'est pas forcément ce qui est utile à notre collègue. Par contre, faire une manifestation silencieuse, dans l'émotion, je pourrais le comprendre. Mais là on voit que c'est de la retape syndicale et ça me gêne par rapport aux collègues. Le problème, c'est que vont devenir nos collègues pendant tout le temps de l'instruction ? C'est là-dessus qu'il faut mener le combat. C'est le rôle des syndicalistes. Les trois quarts des policiers travaillent avec la justice tous les jours on doit arrêter le schisme entre la police et la justice. On doit être ensemble et non pas l'un contre l'autre.

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