Paris : une enquête confiée à l'IGPN après des soupçons de violences policières sur un sans-papiers malien

Selon son avocat, Arié Alimi, le jeune homme a aussi fait l'objet de propos racistes.

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Un signe lumineux d'une voiture de police, le 14 décembre 2020 à Paris. (JULIEN MATTIA / ANADOLU AGENCY / AFP)

Une enquête sur des soupçons de violences policières illégitimes après l'interpellation d'un sans-papiers malien dans la capitale a été confiée le 17 septembre à l'IGPN, la police des polices, a annoncé lundi 15 novembre le parquet de Paris, confirmant une information de Mediapart

Cette enquête a été ouverte le jour même des faits, pour "violences par personnes dépositaires de l'autorité publique". Une autre enquête a été ouverte ce même jour pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, rébellion et outrage", et confiée au commissariat du 18e arrondissement, a indiqué le parquet.

Des coups de Taser "au niveau des testicules"

D'après Mediapart, Seriba, 30 ans, sans-papiers malien, fêtait son anniversaire avec des amis dans la cour de son immeuble lorsqu'il a été interpellé dans la nuit. D'après la préfecture de police, le jeune homme a été interpellé vers 3h30 du matin "en état d'ébriété par un équipage du 18e arrondissement intervenant pour des perturbateurs devant un immeuble".

Sur des images de vidéosurveillance dévoilées par Mediapart, on voit un face-à-face entre Seriba et un policier avant que le sans-papiers soit amené au sol et menotté, sans avoir effectué de geste violent. 

D'après des témoignages recueillis par le site d'information, un coup de Taser est ensuite donné par un policier. Le sans-papiers a déclaré à Mediapart qu'une fois embarqué dans un véhicule de police puis au commissariat, il avait reçu plusieurs coups de Taser "au niveau des testicules" et été frappé, ce qui a conduit à son hospitalisation.

Une ITT initiale de 45 jours

Selon un rapport médical dévoilé par le site d'information et consulté par l'AFP, Seriba, examiné par un médecin de l'Unité médico-judiciaire (UMJ), déclare "avoir été victime de violences par des fonctionnaires de police lors de son interpellation", avoir "été plaqué au sol puis, dans le véhicule de police, il a été roué de coups de poing au niveau de la face, du thorax".

Le médecin lui accorde alors 45 jours d'interruption temporaire de travail (ITT), évoquant une "probable fracture du radius", un "choc psychologique important", un "traumatisme crânien" et des "lésions au niveau des parties génitales compatibles avec des traces de Taser". Mais un deuxième examen médical a ramené cette ITT à six jours, a précisé le parquet.

Selon son avocat, Arié Alimi, le jeune homme a aussi fait l'objet de propos racistes. "Il s'agit là encore d'une affaire de violence policière à caractère raciste particulièrement inquiétante. Elle s'inscrit dans un racisme systémique de l'institution policière. La préfecture de police de Paris, l'IGPN ainsi que de nombreux policiers ont tenté d'éviter sa révélation", a dénoncé l'avocat.

Imbroglio autour d'une possession de stupéfiants

Son client est par ailleurs poursuivi devant le tribunal correctionnel pour "usage illicite de stupéfiants" et "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique" pour des faits datant du 6 octobre, selon le parquet de Paris. Il comparaîtra le 17 février.

Selon des images filmées par un témoin, et diffusées par Mediapart, on voit des policiers fouiller plusieurs fois dans sa sacoche. "Les vidéos et témoignages montrent que sa sacoche était vide et que ce sont les policiers qui ont introduit volontairement des produits stupéfiants dans la sacoche après son interpellation", a affirmé Arié Alimi.

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