13h15, France 2

VIDEO. Le fils d'un proche du gang des Lyonnais raconte pour la première fois comment le juge Renaud aurait été tué

Philippe Guillaud, fils d’un truand proche du gang des Lyonnais, témoigne pour la première fois sur les circonstances de l’assassinat du juge Renaud, à Lyon en 1975. Il décrit la scène de crime que lui a racontée son père quelques mois avant sa mort en 2008…  Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 25 mars.

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Le 3 juillet 1975, le juge François Renaud est assassiné en pleine rue à Lyon par des hommes masqués. Dans les années 1970, ce juge d’instruction atypique s’attaque au grand banditisme dans la capitale des Gaules. Et la guerre sans merci qu’il livre contre le milieu lui vaut le surnom de "shérif". Louis Guillaud, dit "Loulou la Carpe", était un truand proche du gang des Lyonnais, qui s’est suicidé en 2008, à 78 ans, après avoir tué son gendre dans le Nord de la France. Il avait auparavant confirmé à des proches son rôle dans la mort du magistrat.

Pour la première fois, son fils Philippe a accepté de témoigner. Pendant sa jeunesse, il passait ses vacances dans la maison de son père en Espagne. Un lieu de villégiature où se retrouvaient souvent les truands liés à la célèbre bande de braqueurs. "Quand j’étais petit, je les connaissais. L’été, pendant les vacances, on voyait tout le monde, raconte Philippe Guillaud au magazine "13h15 le dimanche". On voyait surtout Jean-Pierre Marin, Nicolas le Grec, Pascal Lamouret [des hommes rapidement suspectés par la police] et d’autres gars que je ne connaissais pas, mais on en a vu pas mal."

"Regarde tonton, le mec qui vient de se garer, c’est le juge"

Quelques mois avant sa mort, son père lui a parlé de l’assassinat du juge Renaud. Il lui a demandé comment ce coup a été monté : "Ça n’a pas été monté. Je te le dis, c’est moi qui étais dans la voiture", a-t-il répondu à son fils, qui précise : "Ils étaient en repérage pour divers braquages, on peut dire une réunion de travail. Ils passent la montée de l’Observance [où a été tué le juge] et Marin dit : 'Regarde tonton, le mec qui vient de se garer, c’est le juge.' Ils font demi-tour, repassent à sa portée, Marin descend et lui met deux balles dans la nuque."

"Et après, ils repartent tranquillement comme ils sont venus, poursuit-il. Le lendemain, Marin et mon père sont en Espagne... C’est un coup de sang, mais je pense qu’un jour ou l’autre, ils l’auraient fait. Ils l’auraient peut-être préparé, mais là, il y avait une opportunité. C’est malheureux pour le juge. Il y a une opportunité, ils ne la loupent pas… Vraiment, mon père m’a dit que ça s’est passé comme ça." Il n’y aura jamais de procès car l’affaire a été officiellement prescrite en 2004.

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