Un réseau européen de proxénètes qui exploitaient des femmes à Nantes et à Rennes a été démantelé

Ces interpellations sont le fruit d'une coopération entre les forces de l'ordre françaises, italiennes, roumaines et allemandes.

Des policiers escortent un prévenu au tribunal de Rennes (Ille-et-Vilaine).
Des policiers escortent un prévenu au tribunal de Rennes (Ille-et-Vilaine). (DAVID ADEMAS / MAXPPP)

Après six mois d'une enquête menée dans plusieurs pays, un important réseau européen de proxénétisme et de traite d'êtres humains a été démantelé cette semaine, a appris franceinfo de source proche de l'enquête vendredi 14 juin. Près de 150 enquêteurs - des gendarmes et des policiers français, italiens, roumains et allemands - ont été mobilisés lundi et mardi pour interpeller une petite dizaine de personnes dans les quatre pays.

Cinq proxénètes roumains, qui formaient le haut de la pyramide du réseau, ont notamment été arrêtés. Ils sont en passe d'être extradés vers la France où ils seront jugés. En effet, c'est à Nantes (Loire-Atlantique) et à Rennes (Ille-et-Vilaine), que ces hommes exploitaient des femmes, sur la voie publique et dans des hôtels.

Point de départ à Rennes

Ce démantèlement est le fruit de six mois d'investigation. Au départ, les gendarmes rennais enquêtaient sur une dizaine de jeunes prostituées roumaines, âgées d'une vingtaine d'années, repérées sur les trottoirs de Rennes et de Nantes. Au bout de trois mois, une équipe commune d'enquête franco-roumaine est créée. C'est cette coopération internationale avec le concours des services d'Europole qui a permis le succès de l'opération.

D'où cette interpellation simultanée, en début de semaine, des cinq chefs de l'organisation, en Roumanie, en Allemagne et en Italie. Des gendarmes bretons se sont même rendus en Roumanie pour participer à l'opération. Deux entremetteuses et plusieurs hommes qui s'occupaient de la logistique du réseau ont aussi été arrêtés en France.

L'argent amassé en France partait en Roumanie

En trois ans, l'organisation criminelle avait réalisé 1,2 million d'euros de profits. Les jeunes femmes, elles, avaient à peine de quoi vivre et étaient réduites en esclavage. Tout l'argent était renvoyé en Roumanie, où la tête du réseau investissait dans l'immobilier. Les proxénètes achetaient aussi des voitures de luxes, qui ont été saisies.

Plusieurs prostituées ont été mises à l'abri et mises en relation avec des associations d'accompagnement. Les intermédiaires arrêtés en France ont été vendredi matin mis en examen et pour certains placés en détention provisoire. Les chefs du réseau encourent jusqu' à vingt ans de prison, pour proxénétisme, traite d'êtres humains, et blanchiment d'argent.