"Les meilleurs amis des policiers ne sont pas leurs armes", rétorque Bernard Cazeneuve au maire de Béziers

"L'outrance de cette campagne ne peut qu'aboutir à de graves contresens", déplore le ministre de l'Intérieur.

Dans une rue de Béziers (Hérault), le 11 février 2015.
Dans une rue de Béziers (Hérault), le 11 février 2015. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

La campagne d'affichage choc du maire de Béziers sur l'armement de ses policiers municipaux n'est pas du goût du ministre de l'Intérieur. Depuis mercredi 11 février, une affiche placardée dans les rues de la ville montre un pistolet en gros plan avec un écusson tricolore sur la crosse et ce slogan : "Désormais la police municipale a un nouvel ami."

Dans un communiqué publié mercredi, Bernard Cazeneuve critique "la tonalité délibérément provocatrice de la campagne" par la municipalité de Béziers, dirigée par Robert Ménard avec le soutien du FN. "Dans la République, les symboles que l'on choisit ont un sens. L'arme est, pour les forces de l'ordre, un moyen dont l'usage est, comme chacun le sait, strictement réglementé. Leur mission est d'assurer la sécurité de tous les Français", écrit-il.

"L'outrance de cette campagne ne peut qu'aboutir à de graves contresens"

"L'outrance de cette campagne ne peut qu'aboutir à de graves contresens. Réduire l'action des forces de l'ordre à leur arme, c'est en premier lieu méconnaître la conception qu'elles se font de leurs missions", ajoute Bernard Cazeneuve. "Les meilleurs amis des policiers municipaux et nationaux ne sont pas leurs armes, garantie de leur protection, mais les citoyens respectueux des valeurs républicaines", poursuit-il, évoquant le "message de gratitude et de respect que les Français ont adressé aux policiers lorsqu'ils sont sortis dans la rue le 11 janvier".

Condamnée par l'opposition municipale de droite comme de gauche, cette affiche est totalement assumée par le maire de la ville. "Nous ne voulions pas une affiche institutionnelle et mièvre, notre affiche est percutante et le message est clair. On appelle un chat, un chat", explique Robert Ménard à francetv info.