Ce que l'on sait de l'attaque à l'arme blanche contre des policiers à la Défense

La procureure de Nanterre évoque "le geste d'une personne déséquilibrée psychiquement". Le parquet antiterroriste ne s'est pas saisi de l'enquête.

Les faits se sont produits dans l\'un des nombreux souterrains que compte le quartier de la Défense, à l\'ouest de Paris.
Les faits se sont produits dans l'un des nombreux souterrains que compte le quartier de la Défense, à l'ouest de Paris. (MAXPPP)

Un homme a été tué, vendredi 13 décembre, après avoir agressé trois policiers à l'aide d'une arme blanche dans un souterrain du quartier de la Défense (Hauts-de-Seine). L'individu, un ressortissant marocain de 42 ans, n'était pas connu des services de renseignement. Voici ce que l'on sait de l'enquête sur cette attaque, dont le parquet national antiterroriste ne s'est pas saisi.

Que s'est-il passé ?

Vendredi, l'hôtesse d'accueil d'un immeuble de bureaux situé dans le quartier d'affaires de la Défense aperçoit un homme, apparemment muni d'un couteau, se taper la tête contre une vitre. Quelques minutes plus tard, l'employée, intriguée par ce comportement, raconte la scène à trois policiers en patrouille dans le secteur.

Entre-temps, l'homme s'est dirigé en direction des sous-sols de ce quartier, où les policiers le suivent. "Ils se sont retrouvés face à face avec l'individu, qui les a menacés d'une arme blanche", a relaté la procureure de Nanterre, Catherine Denis, lors d'une conférence de presse. Une arme qui était en fait une scie à placoplâtre, "avec une lame très fine et très longue qui peut ressembler à un poignard ou un couteau de longue taille".

Face à cet homme qui les menaçait avec sa scie, "les fonctionnaires de police ont fait des sommations à plusieurs reprises de lâcher son arme, ce qu'il n'a pas fait, a poursuivi la magistrate. Il s'est même jeté sur eux. Alors qu'ils étaient à deux ou trois mètres, les fonctionnaires ont fait feu pour stopper l'individu et éviter de se faire blesser ou tuer."

Au total, six balles ont été tirées, l'une d'elles au moins ayant atteint l'agresseur. Tombé à terre, et alors que les policiers s'apprêtaient à lui prodiguer des secours, l'homme aurait à nouveau cherché à attraper sa scie. L'un des policiers a alors fait usage de son Taser pour l'immobiliser, puis l'homme a été menotté. Les secours sont intervenus "très vite", selon la procureure, "mais le décès a été déclaré à 11h31".

Cette attaque est-elle considérée comme terroriste ?

Aux policiers qui lui ont demandé la raison de son geste après l'avoir maîtrisé, l'assaillant aurait répondu : "Je suis un terroriste", a indiqué la procureure. Toutefois, "à ce stade des investigations, rien ne permet de retenir le caractère terroriste de cette tentative de meurtre à l'encontre des fonctionnaires de police", a expliqué Catherine Denis, évoquant "le geste d'une personne déséquilibrée psychiquement".

Le parquet national antiterroriste, informé des événements depuis le début, ne s'est pas saisi de l'affaire. L'enquête a donc été confiée au service départemental de police judiciaire des Hauts-de-Seine, sous la responsabilité du parquet de Nanterre.

Que sait-on de l'assaillant ?

L'homme a été identifié comme un ressortissant marocain de 42 ans en situation irrégulière, qui présentait des problèmes psychiatriques. Il avait été hospitalisé à plusieurs reprises en hôpital psychiatrique ces dernières années. Son dernier séjour, commencé en 2018 dans un établissement parisien, avait pris fin le jour où il s'en était enfui, le 18 juin 2019. Il était, depuis, inscrit au fichier des personnes recherchées.

L'homme avait été remarqué depuis plusieurs jours ou semaines par des habitués de la Défense. Il "squattait dans les sous-sols ou des voies souterraines", nombreux dans ce quartier, selon la procureure. Les passants l'ont décrit comme "un individu qui réclamait des cigarettes et au comportement étrange ou anormal".

Totalement inconnu des services de renseignement, et "pas du tout religieux", l'individu avait plusieurs antécédents judiciaires de droit commun : il avait notamment été condamné en 2000 pour des faits d'agression sexuelle et de violences avec arme, en 2006 pour vol aggravé, et en 2011 pour infraction à la législation sur les étrangers.

Il s'était par ailleurs fait remarquer pour "de petites dégradations ou de petits vols", dont la plupart ont été classés sans suite "en raison de son état mental déficient", selon la procureure.