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Osny : ce que dévoile la vidéo de l'agression de deux surveillants dans l'unité de prévention de la radicalisation

Les images de vidéosurveillance décrites dans "Le Monde", jeudi, montrent que des codétenus de Bilal Taghi ont échangé des objets après l'attaque. De quoi envisager la piste d'une agression coordonnée.

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France Télévisions
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Le quartier de la maison d'arrêt d'Osny (Val-d'Oise) accueillant l'unité consacrée aux détenus radicalisés, le 31 août 2016. (MAXPPP)

L'attaque de deux surveillants par un détenu jihadiste de la prison d'Osny (Val-d'Oise) aurait-elle pu tourner à la bataille rangée ? L'hypothèse est désormais sérieusement envisagée. Les images de vidéosurveillance, décrites jeudi 8 septembre dans Le Monde (article payant), révèlent, en effet, un comportement surprenant de la part des codétenus de Bilal Taghi, le prisonnier de 24 ans qui a agressé deux surveillants dimanche.

Les images montrent le suspect sortir de sa cellule pour rejoindre la promenade à 14h53. Il porte alors une serviette à la main. Au moment où il s'apprête à descendre l'escalier, le surveillant en poste devant sa cellule l'interpelle et lui demande vraisemblablement de rebrousser chemin pour déposer son linge.

Trois heures entre l'agression et l'interpellation

Alors qu'il se dirige à nouveau dans sa cellule, Bilal Taghi sort une lame artisanale d'environ 30 cm de sa serviette et frappe violemment le surveillant à la tête. Au total, neuf coups sont portés en 14 secondes. Le gardien parvient à s'enfuir, et un de ses collègues et légèrement touché au bras et au visage.

Bilal Taghi n'est interpellé que trois heures plus tard, à 17h45, après avoir été mis hors d'état de nuire par un tir de balle en caoutchouc d'une unité spéciale sur laquelle il fonçait. Entre-temps, il "aura le temps de multiplier les allées et venues entre les deux étages, de dessiner un cœur sur un muret avec le sang d’une de ses victimes et d’entamer une prière", décrit Le Monde.

Des bris de verre glissés dans des cellules

Pour le quotidien, l'hypothèse la plus probable est que le détenu jihadiste avait prévu de passer à l'acte durant la promenade. Des complices, isolés comme lui dans l'unité de prévention de la radicalisation de la prison, auraient pu lui prêter main forte. Après l'agression, certains sont ainsi allés à la rencontre de Bilal Taghi pour lui parler calmement, sans chercher à le raisonner ou à le maîtriser. 

L'un d'entre eux, Abelhakim A., a également glissé sous la porte de cellules d'autres détenus des objets, dont des débris de miroir qu'il comptait emporter à la promenade. Il a été entendu en garde à vue avec deux autres prisonniers, mais pourrait bien ne pas être inquiété. "Bilal Taghi étant passé à l’acte seul, les conjectures sur un éventuel projet coordonné durant la promenade pourraient ne pas se traduire judiciairement", écrit Le Monde, qui précise que les prisonniers soupçonnés de complicité restent à la disposition de la justice en détention.

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