Nucléaire : les drones mystérieux inquiètent Greenpeace

L’organisation écologiste juge inquiétante la présence inexpliquée de drones qui ont survolé sept centrales nucléaires en octobre. Pour Greenpeace, ces sites sensibles restent vulnérables.

(Greenpeace s'inquiète des drones au dessus de centrales nucléaires © MaxPPP)

Selon EDF, sept centrales nucléaires ont été survolées ce mois-ci par des drones. Chacun des sites a porté plainte contre x, puisque la paternité des survols reste inconnue. Si EDF maintient que ces opérations aériennes interdites n’ont pas eu de conséquences sur le fonctionnement ou la sécurité des centrales, Greenpeace s’inquiète du phénomène.

Une liste d'EDF incomplète

Greenpeace  a rapidement démenti dès mercredi toute implication dans les survols, en précisant que ses actions sont "toujours revendiquées ". C’est bien le mystère autour de ce drones qui étonne et interpelle Yannick Rousselet, chargé de la question nucléaire pour l’organisation écologiste, d’autant qu’il dit avoir eu connaissance d’un cas qui ne figure pas sur la liste d’EDF. Ce militant explique aussi que "le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a été survolé le 14 septembre et qu’Areva a été concerné le 27 octobre ".

"Les centrales nucléaires restent très vulnérables" (Yannick Rousselet, Greenpeace)
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Une opération structurée

Greenpeace parle de survols de drones comme d’une opération structurée, d’une action très organisée, avec semble-t-il des drones de différentes dimensions. Qui se cache derrière ces opérations en territoire aérien interdit ? Sans apporter de réponse, Yannick Rousselet procède par élimination.

"Un service de l’Etat, secret ou autre pour faire des tests ?  Dans ce cas pourquoi laisser EDF porter plainte ? L’espionnage industriel ? Il y a bien d’autres méthodes…" 

L’absence de réponse pose problème à Greenpeace qui reproche à EDF et à l’Etat d’être "incapables de faire face à une situation pareille au moment où on est en alerte terroriste ".  

Pas de danger

Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, a estimé jeudi que ces drones civiles ne présentaient pas de danger. Il pense qu'ils auraient pu être neutralisés à tout moment. Rappelons que côté sécurité, ce sont les pelotons de gendarmerie qui assurent la défense et la surveillance des centrales nucléaires.

"Il faut faire la part des choses entre le fait qu'un drone puisse survoler un espace interdit et le fait qu'il représente un véritable danger ", explique Pierre-Henry Brandet. "Vous imaginez bien qu'un drone civil que l'on peut acheter dans le commerce ne présente pas de danger pour une installation nucléaire. Des installations qui sont conçues pour résister à des secousses sismiques importantes ou à des chutes d'avions de ligne ", rappelle-t-il.

"A tout moment, on est en capacité de neutraliser ces drones" (Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l'Intérieur)
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