Nice : une serveuse affirme avoir été agressée parce qu'elle servait de l'alcool pendant le ramadan

Une plainte pour violences a été déposée lundi auprès de la Sûreté départementale des Alpes-Maritimes. Le gérant du bar a également été témoin de l'agression.

Une vue de la promenade des Anglais, à Nice, le 29 juillet 2012.
Une vue de la promenade des Anglais, à Nice, le 29 juillet 2012. (AMANDA HALL / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)

Une serveuse du Vitis Café, situé dans le centre de Nice (Alpes-Maritimes), affirme avoir été agressée par deux individus lundi 6 juin, premier jour du mois du ramadan, parce qu'elle servait de l'alcool, révèle Nice Matin. Elle présente un hématome important à l'arcade sourcilière.

Contactée par francetv info, la Sûreté départementale confirme qu'une plainte pour violences a été déposée, sans donner plus de précisions.

La serveuse, musulmane, fait le ramadan

"L'homme a montré du doigt l'arrière-bar, en indiquant clairement qu'il était interdit de vendre de l'alcool pendant le ramadan. Ma serveuse lui a répondu qu'il n'était pas Dieu pour la juger", a décrit le gérant de l'établissement, qui a corroboré la version de son employée.

Selon Nice Matin, les mêmes individus avaient tenté, trois jours auparavant, de dissuader le gérant du bar de vendre des boissons alcoolisées pendant le mois de jeûne. Sur les images vidéo enregistrées par le bar, que l'AFP a pu consulter, on voit deux individus menacer longuement la serveuse, qui elle-même observe le jeûne du ramadan, sur la terrasse du café, avant de faire semblant de partir et de revenir pour la frapper violemment à l'intérieur du bar. L'un des individus serait un étranger en situation irrégulière bien connu dans le quartier, selon le propriétaire du bar.

"Si j'étais Dieu, je t'aurais pendue"

Dans une interview à L'Obs, la serveuse est revenue sur son agression : "Ils ont pointé du doigt les bouteilles d'alcool qui se trouvaient derrière le comptoir, puis l'un d'entre eux m'a dit, en arabe : 'Tu devrais avoir honte de servir de l'alcool en période de ramadan. (...) Si j'étais Dieu, je t'aurais pendue.'"

La jeune femme déclare avoir répondu : "Tu n'es pas Dieu pour me juger." Les deux hommes l'auraient alors insultée, l'auraient traitée de "prostituée" et de "sale pute", avant de quitter le bar.

Un acte "pas anodin", selon le député Eric Ciotti

Eric Ciotti, député Les Républicains et président du conseil départemental, a estimé, dans un communiqué, "qu'aucun acte de cette nature n'est anodin, chaque agression de la sorte porte un coup sévère aux valeurs républicaines".

En octobre 2014, dans le même quartier, trois hommes s'en étaient pris à un boulanger à qui ils reprochaient de vendre des sandwichs au jambon et de ne pas être "un bon musulman". Ils avaient été condamnés à six mois de prison avec sursis en janvier 2015.