Tuerie de Chevaline : ce que l'on sait du suspect placé en garde à vue

Un ancien policier est en garde à vue, d'autres arrestations se profilent, mais les enquêteurs invitent à la prudence. 

Le lieu de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), le 7 septembre 2012.
Le lieu de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), le 7 septembre 2012. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

L'énigme de Chevaline (Haute-Savoie) va-t-elle être élucidée, un an et demi après la tuerie ? Même si rien ne permet pour l'instant de le désigner comme l'auteur de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), l'homme placé en garde à vue, mardi 18 février, a un "profil intéressant", selon une source proche de l'enquête interviewée par France 2, mais les enquêteurs invitent à la prudence. Francetv info fait le point sur ce que lon sait de l'enquête. 

Qui est le suspect en garde à vue ?

Père de trois enfants, cet ex-policier municipal, été interpellé mardi alors qu'il sortait de chez lui à Talloires, commune proche du lieu de la tuerie. Cet homme de 48 ans, père de trois enfants, est "sans lien direct" avec les protagonistes du drame. 

Selon le procureur, il présente "une forte ressemblance" avec un portrait-robot diffusé en novembre. Ce portrait esquissait les traits d'un homme casqué et portant le bouc, aperçu sur une moto claire à proximité de la scène de crime par des témoins.

La gendarmerie a diffusé ce portrait-robot, le 4 novembre 2013, pour faire progresser l\'enquête sur la tuerie de Chevaline. 
La gendarmerie a diffusé ce portrait-robot, le 4 novembre 2013, pour faire progresser l'enquête sur la tuerie de Chevaline.  (GENDARMERIE NATIONALE / AFP)

Qu'ont donné les perquisitions ?

Les gendarmes ont retrouvé des armes à son domicile, mais pas l'arme du crime, indique cette source. Un casque de moto a également été saisi, mais il s'agit d'un autre modèle que celui dessiné sur le portrait-robot diffusé en novembre. De nouvelles perquisitions sont prévues, mercredi 19 février, alors que le suspect est toujours en garde à vue en Haute-Savoie.

L'examen du téléphone portable du suspect le situe dans la zone de la tuerie le jour des faits. Ce qui pourrait s'expliquer par le fait que cet ancien policier municipal a de la famille dans les environs. Les enquêteurs recherchent essentiellement un mobile qui pourrait expliquer son implication dans le quadruple meurtre du 5 septembre 2012. 

Quid de la famille et des proches du suspect ?

La famille et les proches de l'ancien policier municipal doivent être entendus mercredi, selon une source proche de l'enquête. "Le proche environnement, c'est-à-dire la famille et les proches de l'homme placé en garde à vue, va être auditionné mercredi", précise cette source. 

Pourquoi l'enquête piétinait ?

Cette arrestation, la première en France dans cette affaire, intervient alors que la justice privilégiait jusqu'ici la piste d'un conflit familial autour d'un héritage disputé.

Le 5 septembre 2012, en vacances dans la région, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans l'aéronautique et la défense au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline.

Un cycliste français, Sylvain Mollier, 45 ans, considéré comme une victime collatérale, avait aussi été abattu. Zainab, 7 ans, la fille aînée du couple al-Hilli, avait été grièvement blessée, tandis que sa soeur cadette Zeena, cachée sous les jambes de sa mère pendant plusieurs heures, était miraculeusement sortie indemne de la tuerie.

En juin dernier, la police anglaise avait arrêté Zaïd al-Hilli, 54 ans, frère de Saad, soupçonné d'avoir fomenté le quadruple meurtre. Relâché rapidement, il clame depuis son innocence.