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Manifestations à Paris après la mise en examen d'un policier pour "homicide volontaire"

Le fonctionnaire de 33 ans est poursuivi pour avoir tué un homme recherché d'une balle dans le dos, samedi soir à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). La version de la légitime défense a été mise à mal par les premiers éléments de l'enquête. Les collègues du fonctionnaire ont manifesté à Bobigny puis sur les Champs-Élysées.
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Radio France
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Samedi soir, c'est un appel anonyme qui envoie quatre policiers dans le centre-ville de Noisy-le-Sec. On leur signale un homme de 28 ans, recherché pour des vols à main armé. Trois des policiers sont à pied, le quatrième arrive en voiture. Il affirme qu'il se retrouve alors face au fuyard, qui "l'aurait visé en tendant son bras armé vers lui". Le policier tire alors à quatre reprise sur le jeune homme, qui meurt peu après.

Le problème, c'est qu'un témoignage et surtout l'autopsie de la victime vont à l'encontre de la thèse de la légitime défense. Le parquet explique que "la victime a été mortellement touchée par une balle entrée à l'horizontal dans son dos" . Il a donc décidé de mettre en examen le fonctionnaire pour homicide volontaire, et de le placer sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer.

Plusieurs centaines de policiers mobilisés contre cette décision

Vers 19h30, les collègues du policier se sont réunis devant la Direction territoriale de la sécurité de proximité, à Bobigny. Plusieurs centaines de fonctionnaires ont ainsi voulu exprimer leur "colère" . "Nous avons voulu lui témoigner notre soutien, de façon spontanée" , explique le secrétaire général du syndicat SGP-FO Unité, Nicolas Comte. "Les policiers sont très remontés. Ce qui est arrivé nous semble incompréhensible."

"D'un côté, on nous donne des armes pour qu'on puisse se défendre" , regrette un policier. "Mais de l'autre, quand on les utilise face à des malfaiteurs armés, on se retrouve avec une condamnation à la clé."

Les manifestants ont ensuite pris d'assaut les Champs-Élysées. Selon un journaliste de l'AFP, une centaine de voitures de police civiles ou siglées ont descendu l'avenue toutes sirènes hurlantes. Le ministère de l'Intérieur parle lui d'une cinquantaine de voitures au plus fort de la manifestation. Claude Guéant a également dit "comprendre l'émotion" des policiers.

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