Le Havre : dix suspects en garde à vue après la mort en 2020 d'un docker sur fond de trafic de drogue

Allan Affagard avait été enlevé et séquestré avant d'être tué en juin 2020.

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avec France Inter - franceinfo
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Le port du Havre, le 1er août 2019. (OLIVIER BOITET / MAXPPP)

Dix hommes suspectés d'être impliqués dans la mort d'Allan Affagard ont été interpellés et sont à garde à vue depuis mardi 25 mai, indique jeudi 27 France Inter. Ce docker âgé de 40 avait été enlevé, séquestré et frappé, avant d'être retrouvé mort le 12 juin 2020 sur le parking d'une école de Montivilliers, dans l'agglomération du Havre.

Près d'un an après cette affaire, l'enquête s'est donc orientée vers un contexte de trafic de drogue. Les gardés à vue, déjà connus pour avoir mené plusieurs séries d'intimidations et d'enlèvements de dockers ou de leurs proches, sont suspectés de travailler pour le compte de narcotrafiquants.

La victime soupçonnée de trafic de drogue en 2018

Certains d'entre eux étaient déjà surveillés par la section de recherche de la gendarmerie de Seine-Maritime. Une coopération entre services, des recoupements de téléphonie et des mois de surveillance ont donc permis le coup de filet, sous la direction de la juridiction interrégionale spécialisée de Lille.

Comme des dizaines de dockers, sur les 3 000 que compte le port du Havre, Allan Affagard avait lui-même été mis en cause dans une affaire de drogue, il y a trois ans. Il était soupçonné d'avoir demandé à ses collègues de fermer les yeux lors de la livraison d'une cargaison. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en 2018, il a toujours nié toute corruption.

Une vingtaine d'enlèvements et de séquestrations en trois ans

Sa mort avait provoqué une marche blanche des dockers et de leurs proches, fin juin 2020 au Havre. Ils avaient alors dénoncé la pression des trafiquants de drogue pour faire sortir des tonnes de cocaïne du port. Depuis trois ans, une vingtaine d'enlèvements et de séquestrations ont été relevées dans la ville du premier port français. Très peu de dépôts de plaintes sont enregistrés par craintes de représailles.

En 2019, lors d'un procès à Lille, huit dockers ont comparu pour leur participation dans le déchargement d'une cargaison de 337 kilos de cocaïne. Ils ont avoué avoir touché des sommes allant de 20 000 à 100 000 euros en fonction du service rendu, une "fourchette basse" précisait à l'époque une source proche du dossier. Toutefois, personne n'a révélé le nom du commanditaire.

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