"On a assassiné mon fils", dénonce le père de Cédric Chouviat qui n'a "plus confiance en la police"

La famille de la victime, âgée de 42 ans, a décidé de porter plainte et dénonce une "bavure policière".

La famille de Cédric Chouviat lors d\'une conférence de presse, mardi 7 janvier 2020, dans les locaux de la Ligue des droits de l\'homme.
La famille de Cédric Chouviat lors d'une conférence de presse, mardi 7 janvier 2020, dans les locaux de la Ligue des droits de l'homme. (FLAVIEN GROYER / RADIO FRANCE)

"On a assassiné mon fils, je n'ai plus confiance en la police", a déclaré le père de Cédric Chouviat lors d'une conférence de presse mardi 7 janvier, dans les locaux de la Ligue des droits de l'homme. Cédric Chouviat, 42 ans, est mort dimanche à l'issue d'un arrêt cardiaque lors d'un contrôle de police à Paris vendredi. Sa famille porte plainte pour 'violences volontaires ayant entraîné la mort', les avocats dénoncent notamment un "plaquage ventral" effectué par les policiers.

"C'est un meurtre"

Cédric Chouviat n'avait pas de problème cardiaque, d'après la famille. "On a assassiné mon fils, c'est un meurtre", estime Christian Chouviat, le père de la victime.

Je n'ai plus confiance en la police, je n'ai confiance qu'en mes avocats. M. Macron, je pars en guerre contre vous (…) Tant que mon cœur battra j'irai au combat, je ne veux plus que ces trois policiers dorment.Christian Chouviat, le père de la victime

Doria Chouviat, l'épouse de Cédric, a elle aussi pris la parole ce mardi matin. "Mon mari a peut-être commis une infraction", concède-t-elle. C'est "quelqu'un de gueulard, je reconnais qu'il a pu être insultant, pour autant il ne mérite pas ce qui lui est arrivé (…) S'il a pris une vidéo c'est qu'il s'est passé quelque chose", estime l'épouse. "Cette histoire ne doit pas être un prétexte pour que les policiers soient détestés", souligne-t-elle.

Cédric Chouviat a été contrôlé vendredi matin à Paris, quai Branly, alors qu'il conduisait son scooter. Selon la police, Cédric se trouvait au téléphone sur son deux-roues et il s'est montré "irrespectueux et agressif". Les policiers ont décidé de l'interpeller pour outrage. L'homme a été victime d'un malaise cardiaque, les policiers expliquent l'avoir alors pris en charge avant d'appeler les secours. Emmené à l'hôpital, il est décédé dimanche.

"Américanisation des techniques d'interpellation" 

Les avocats Arié Alimi et William Bourdon diffusent mardi des vidéos, récupérées à l'issue de leur appel à témoins. On y voit notamment Cédric Chouviat, allongé au sol, sur le ventre, quelqu'un est positionné sur lui. "La préfecture de police n'a jamais évoqué ce plaquage ventral", d'après Arié Alimi, pour qui "la communication de la préfecture de police ne correspond pas à la réalité des faits". Ce plaquage ventral "est très dangereux", cette méthode "est interdite dans de nombreux pays", souligne maître Arié Alimi.

L'autre avocat de la famille, William Bourdon, dénonce la "culture de l'impunité ancrée dans la police" et une "américanisation des techniques d'interpellation". D'après lui, la technique est "inappropriée, on pouvait simplement lui passer les menottes". Il estime que "c'est une bavure policière" et demande qu'un juge d'instruction soit nommé au plus vite.