Le volet français du procès "Air Cocaïne" s'ouvre à Aix-en-Provence

Le procès de l'affaire "Air Cocaïne", un trafic de drogue entre la France, la République dominicaine et l'Équateur, se déroulera devant une cour d'assises spéciale sans jury à Aix-en-Provence, à partir de lundi.

Nicolas Pisapia (à g.), Pascal Fauret (2e à g.), Bruno Odos (au centre) et Alain Castany (à d.) assistent à leur audience pour se prononcer sur le trafic de drogue, à Saint-Domingue, le 27 mars 2013.
Nicolas Pisapia (à g.), Pascal Fauret (2e à g.), Bruno Odos (au centre) et Alain Castany (à d.) assistent à leur audience pour se prononcer sur le trafic de drogue, à Saint-Domingue, le 27 mars 2013. (ERIKA SANTELICES / AFP)

Le procès de l'affaire dite "Air Cocaïne" se tient du lundi 18 février au 5 avril, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Onze accusés, dont un est en détention, sont jugés par une cour d'assises spéciale, uniquement composée de magistrats professionnels, même pour les jurés. Quatre Français ont été arrêtés en République dominicaine en 2013. Ils s'apprêtaient à quitter Punta Cana à bord d'un avion privé dans lequel se trouvait, selon l'accusation dominicaine, plus de 700 kilos de cocaïne.

Les images de l’arrestation n'ont pas laissé beaucoup de place au doute. Comme dans un film d’action, la scène a été filmée depuis l’hélicoptère des stups dominicains. Lumière aveuglante sur les vitres du cockpit, des hommes armés ont couru vers l’avion, ont baissé la passerelle et ont fait descendre d’abord les passagers, puis les deux pilotes avant de les plaquer au sol.

De nombreuses questions en suspens

Cette intervention spectaculaire a largement été diffusée sur les chaînes de télévision. Les images sont censées montrer que les stups dominicains contrôlent le trafic, contrairement à l’armée. Mais de nombreuses questions vont se poser pour ce nouveau procès : pas un gramme de cocaïne n’a été conservé pour une contre-expertise sur les 700 kilos, aucun procès-verbal dominicain ne précise que la drogue a été pesée, aucune trace d’argent n’a été trouvé chez les pilotes. Les comptes en banque, le train de vie, la piscine ou l’achat de la voiture d’occasion : tout a été disséqué par la justice française.

Depuis le début de l’affaire il y a plus de cinq ans, les deux pilotes français nient en bloc. Ils accusent la République dominicaine d’avoir tout simplement monté cette affaire. La motivation des locaux serait la guerre que se livre policiers et militaires pour le contrôle du pays.