Marc Machin acquitté à l'issue de son procès en révision

Il est la huitième personne acquittée d'un crime lors d'un procès en révision depuis la seconde guerre mondiale.

Marc Machin arrive au palais de justice de Paris, le 20 décembre 2012, au quatrième jour de son procès en révision.
Marc Machin arrive au palais de justice de Paris, le 20 décembre 2012, au quatrième jour de son procès en révision. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Marc Machin a passé près de sept ans en prison pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Jeudi 20 décembre, cet homme de 30 ans a été acquitté par la cour d'assises de Paris à l'issue de son procès en révision. Il devient ainsi la huitième personne en France depuis la seconde guerre mondiale à être acquittée à l'issue d'une procédure de ce type. 

"Je ne suis pas dans un état d'esprit de rancœur, je suis réhabilité, maintenant je veux aller de l'avant." "Mon acquittement est un soulagement", a-t-il confié à l'issue de son procès, ajoutant cependant : "J'ai besoin de me reconstruire et surtout de concrétiser ma vie d'après."

L'erreur judiciaire est reconnue

Marc Machin avait été condamné pour le meurtre à coups de couteau de Marie-Agnès Bedot, commis le 1er décembre 2001 sur le pont de Neuilly (Hauts-de-Seine). Pourtant, après des aveux passés en garde à vue, le jeune homme, âgé de 19 ans à l'époque, s'était rétracté durant l'instruction. Aucune expertise ADN ne l'avait impliqué. En outre, six mois après ce meurtre, une autre femme, Maria-Judith Araujo, avait été tuée au pont de Neuilly. Marc Machin était alors en détention.

L'acquittement a été rendu possible par le fait que le vrai coupable, David Sagno, s'est livré à la police en mars 2008 et s'est accusé des deux meurtres. Il a donné des détails précis sur les crimes et son ADN a été retrouvé sur les deux victimes. En février 2012, il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. La condamnation pour meurtre de Marc Machin avait été annulée par la Cour de révision en 2010.

La police et la justice ne sont pas remises en question

Après quatre jours d'audience et un court délibéré de trois heures, la cour a suivi le ministère public qui avait admis l'innocence de l'accusé tout en prenant la défense de l'institution judiciaire : "Redonnez-lui sa dignité. Pour l'Histoire peut-être, pour son histoire sûrement, acquittez Marc Machin", avait dit l'avocate générale Maryvonne Caillibotte en conclusion de son réquisitoire. Elle n'en avait pas moins défendu la pertinence de la procédure de révision car pour elle, "l'erreur est humaine"

L'avocate générale s'est abstenue dans son réquisitoire de toute mise en cause de l'institution, soulignant que l'enquête concernant Marc Machin avait été honnête et sincère et que les magistrats et les policiers étaient de bonne foi. "Cette décision que l'on sait maintenant fausse était sérieuse et fondée sur les éléments d'un dossier qui lui-même était sérieux."