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Le Dr Muller acquitté du meurtre de sa femme

Le verdict a été annoncé jeudi par la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle. Retour sur ce feuilleton judiciaire vieux de quatorze ans.

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Le docteur Jean-Louis Muller, au début de son troisième procès, le 21 octobre 2013 à Nancy (Meurthe-et-Moselle). (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Le docteur Jean-Louis Muller, accusé d'avoir maquillé en suicide le meurtre de sa femme en 1999, a été acquitté jeudi 31 octobre, lors de son troisième procès d'assises, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Un peu plus tôt, le parquet avait requis vingt ans de prison à l'encontre de cet homme déjà condamné deux fois à vingt ans de prison. Francetv info revient sur ce feuilleton judiciaire vieux de quatorze ans.

Comment a réagi Jean-Louis Muller ?

"L'ancien médecin légiste s'est effondré en larmes à l'énoncé du verdict", raconte L'Est républicain. Jean-Louis Muller est tombé dans les bras de ses enfants, de sa compagne et de son avocat, Eric Dupond-Moretti. "Ce n'est pas une victoire de la défense, c'est une victoire de la justice contre l'injustice", a clamé ce dernier. "C'est grâce à mes enfants et à ma compagne que j'ai réussi à tenir le coup", a réagi l'acquitté. "Je vais essayer de réparer les dégâts financiers mais (…) aussi les dégâts psychologiques."

Pour Jean-Louis Muller, c'est la fin d'un parcours judiciaire qui aura duré quatorze ans. Depuis la mort de son épouse, le 8 novembre 1999, le médecin clamait sans relâche qu'elle s'était suicidée avec le Magnum 357 retrouvé à ses pieds au sous-sol de leur pavillon d'Ingwiller (Bas-Rhin).

Par deux fois, les juridictions criminelles ne l'ont pas cru et l'ont condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Mais au total, Jean-Louis Muller n'aura passé que dix-huit mois derrière les barreaux, la Cour de cassation ayant annulé le deuxième verdict en 2011. D'où la tenue de ce troisième procès où il comparaissait libre.

Quelles charges pesaient sur l'accusé ?

Les parties civiles accusaient Jean-Louis Muller d'avoir maquillé le meurtre de sa femme, Brigitte Muller, documentaliste âgée de 42 ans, en suicide. Elles pointaient du doigt l'expertise du Dr Muller, médecin légiste et auteur d'une thèse sur "les effets des projectiles de petit calibre". Car aucune empreinte, pas même celle de la victime, n'a été retrouvée sur le pistolet. Le mobile invoqué : la jalousie présumée d'un mari dont la femme entretenait une liaison adultère.

"Même à l'opéra, on voit ces choses-là", a clamé l'avocat général Jacques Santarelli dans son réquisitoireA l'issue de sa plaidoirie, il avait demandé au jury de confirmer la peine de vingt ans de réclusion. "Vous n'avez rien qui contienne le germe d'une erreur judiciaire", a-t-il lancé aux jurés, qui ne l'ont finalement pas suivi.

Lors des deux premiers procès, le manque de preuves n'avait pas empêché le jury de condamner Jean-Louis Muller. C'est son attitude, entre provocation et mutisme, qui a desservi le médecin, note L'Express.

Pourquoi a-t-il été acquitté ?

Principale cible de la défense de Jean-Louis Muller : l'enquête et ses nombreuses contradictions. Aux experts qui affirment que l'arme du crime a été essuyée avant que la gendarmerie n'arrive sur les lieux, Eric Dupond-Morretti, l'avocat de l'accusé, a rétorqué : "Tout ceci est de la malhonnêteté intellectuelle. On a la preuve que l'arme n'a pas été nettoyée, puisqu'elle a été retrouvée recouverte de matière organique."

Par ailleurs, deux gendarmes ont révélé à la barre avoir constaté, le soir du drame, que Jean-Louis Muller avait pris une douche avant l'arrivée des forces de l'ordre. "Comment vous avez pu ne pas vous rendre compte pendant quatorze ans que cette information était capitale ?", leur a demandé la présidente de la cour d'assises. Les deux gendarmes ont en outre contredit les affirmations de l'enquêteur en chef, fragilisant un peu plus l'accusation. Au final, le jury aura été convaincu par Eric Dupond-Morretti. Le "roi de l'acquittement", comme le surnomme BFMTV (lien vidéo), a été à la hauteur de sa réputation.

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