Affaire Estelle Mouzin : les avocats du père de la fillette disparue demandent le dessaisissement de la PJ de Versailles

Cette requête sera examinée par la justice le 22 mars. Ils estiment que les enquêteurs ont trop négligé la piste du tueur en série Michel Fourniret. Estelle Mouzin a disparu alors qu'elle revenait de l'école, à Guermantes (Seine-et-Marne), en 2003.

Montage d\'une photo d\'Estelle Mouzin, issue de l\'avis de recherche lors de sa disparition en 2003 et d\'une photo distribuée par la police à la presse le 19 janvier 2010, la représentant vieillie.
Montage d'une photo d'Estelle Mouzin, issue de l'avis de recherche lors de sa disparition en 2003 et d'une photo distribuée par la police à la presse le 19 janvier 2010, la représentant vieillie. (POLICE)

Nouvel épisode dans l'affaire Mouzin. Les avocats du père de la fillette de 9 ans, disparue depuis le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne), ont demandé le dessaisissement de la Police judiciaire de Versailles, a appris franceinfo mercredi 7 mars auprès des deux conseils, confirmant une information du Parisien. Cette requête sera examinée par la justice le 22 mars. 

Didier Seban et Corinne Herrmann estiment que les enquêteurs versaillais ont trop négligé la piste de Michel Fourniret. Le tueur en série a avoué, mi-février, les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, deux jeunes filles disparues dans les années 1990. Des fouilles ont démarré mercredi, à Saint-Cyr-les-Colons, dans l’Yonne, lieu de la disparition de Marie-Angèle Domece le 8 juillet 1988.

"Ils ont dit à plusieurs reprises, y compris publiquement, ce que ce n'était pas lui pour Estelle alors que beaucoup d'éléments nous font penser le contraire", indique Didier Seban à franceinfo. 

"Un alibi qui ne tient pas" pour Fourniret

Les deux avocats souhaiteraient que la Section de recherches de Dijon reprenne l'enquête. "Les gendarmes ont mené un travail remarquable pour obtenir les aveux de Fourniret pour Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, deux affaires criminelles irrésolues depuis une trentaine d'années", observe Didier Seban. 

S'agissant de l'affaire Estelle Mouzin, les enquêteurs de la PJ de Versailles ont établi qu'un coup de téléphone avait été passé depuis le domicile de Michel Fourniret au moment de la disparition de la fillette, écartant ainsi la piste du tueur des Ardennes. "Un alibi qui ne tient pas, selon l'avocat. Personne ne s'est jamais souvenu d'avoir reçu un appel de Michel Fourniret ce jour-là."

Des prélèvements menés dans le fourgon du criminel n'avaient pas non plus permis de trouver des traces ADN appartenant à Estelle Mouzin. "On n'en avait pas trouvé non plus pour Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece", rappelle néanmoins Didier Seban. Enfin, Michel Fourniret a nié être impliqué dans la disparition de la fillette. "Il a nié à la Fourniret, comme il l'a fait pour d'autres crimes dont il a finalement été reconnu couplable", conclut Didier Seban, ajoutant que le père d'Estelle Mouzin est "fou furieux" et a le sentiment d'avoir été "baladé" depuis des années.