Isère : ce que l'on sait de la mort de Victorine Dartois

Le corps de la jeune femme a été découvert dans un ruisseau à Villefontaine. Une enquête a été ouverte pour "enlèvement, séquestration et homicide volontaire".

Le chemin par lequel Victorine Dartois devait rentrer chez elle au moment de sa disparition, photographié le 30 septembre 2020 à Villefontaine (Isère).
Le chemin par lequel Victorine Dartois devait rentrer chez elle au moment de sa disparition, photographié le 30 septembre 2020 à Villefontaine (Isère). (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Le corps sans vie de Victorine Dartois, une jeune femme de 18 ans disparue depuis deux jours, a été découvert, lundi 28 septembre, "immergé dans un ruisseau" à Villefontaine (Isère). Elle avait disparu samedi soir, à proximité du lieu où son corps a été retrouvé.

Franceinfo fait le point sur cette affaire, après l'autopsie réalisée mercredi 30 septembre.

Une "noyade avec l'intervention d'un tiers"

La mort de Victorine n'a rien d'accidentelle. Le rapport d'autopsie évoque "une mort par noyade avec intervention d'un tiers en raison de multiples ecchymoses internes retrouvées sur le corps de la victime", a annoncé le procureur adjoint Boris Duffau. Le magistrat a immédiatement précisé que, "si aucune trace de violence sexuelle n'a été constatée, il n'est pas pour autant possible à ce stade de l'enquête d'écarter cette hypothèse".

L'avocate de la famille, Kelly Monteiro, a parlé mercredi sur BFMTV d'une forme de "soulagement" des parents, des sœurs et du frère de Victorine qui ne croyaient pas à la piste accidentelle. Pour eux, l'autopsie vient "accréditer la thèse d'une mauvaise rencontre".

Le procureur Duffau a aussi indiqué qu'aucun autre détail, comme le moment du décès, ne sera donné, afin de respecter "le secret et l'efficacité" de l'enquête. Celle-ci doit permettre de reconstituer le parcours de l'étudiante depuis le moment où elle a quitté ses amis, samedi, pour rejoindre le domicile familial.

Une disparition inexpliquée

Le corps a été retrouvé dans une zone boisée, difficile d'accès, non loin d'un stade où la jeune fille aurait passé son dernier appel téléphonique à 19 heures samedi soir. La famille de la jeune fille avait donné l'alerte dès 21h30 et, bien que Victorine soit majeure, sa disparition a été immédiatement prise au sérieux. Car, selon les derniers éléments de conversation avec ses proches, Victorine "rentrait chez elle". La jeune fille venait de quitter ses amis à la gare routière de Villefontaine après une après-midi shopping dans un centre commercial de la commune.

"Elle en avait à peine pour un quart d'heure. Elle a l'habitude de ce chemin. Mais elle n'est jamais arrivée", confiait sa mère au Parisien"Il n'y avait pas de malaise ; elle n'avait pas eu de problème dans sa journée. Ça ne ressemble pas à une fugue", avait souligné quelques heures plus tôt la procureure. La sœur aînée de la jeune disparue avait aussi assuré sur les réseaux sociaux qu'il ne s'agissait "pas d'une fugue". "Ce n'est absolument pas son genre", relevait-elle.

Son appel, partagé plus de 47 000 fois, décrivait sa tenue au moment de sa disparition (jean, sweat-shirt rose, baskets, sac à main blanc). Ce sont ces mêmes chaussures et sac à main qui ont été retrouvés un peu plus tôt dans la matinée lundi, laissant craindre le pire. C'est un chien spécialisé qui a permis de retrouver les affaires de la jeune fille puis son corps sans vie.

Un appel à témoins lancé

Après la découverte du corps, un appel à témoins a été lancé. "Tout élément susceptible d'être utile à la manifestation de la liberté doit être communiqué à la gendarmerie au numéro vert 0800 200 142", a précisé le colonel Lionel James, commandant la section de recherches de Grenoble, désormais en charge des investigations.

[ APPEL À TEMOINS ] Le corps de Victorine DARTOIS, jeune fille de tout juste 18 ans, a été retrouvé le 28 septembre...

Publiée par Gendarmerie-Isere sur Lundi 28 septembre 2020

Par ailleurs, des investigations techniques ont été menées sur la téléphonie. Les bandes de vidéosurveillance ont fait l'objet d'une exploitation et les enquêteurs procèdent à de nombreuses auditions. L'enquête, d'abord ouverte pour "disparition inquiétante", a évolué vers les chefs d'"enlèvement, séquestration et homicide volontaire".

Selon le procureur Duffau, 47 enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Grenoble sont mobilisés sur l'affaire, "pour effectuer notamment une enquête de voisinage et entendre tout témoin utile".