Incendies : "La solidarité européenne fonctionne bien" mais "il faut des moyens supplémentaires" pour l'avenir, prévient le président des Pompiers de l’urgence internationale

Pour le colonel Philippe Besson, "il n'y a pas assez de pompiers" en France. L'aide européenne est bienvenue selon lui, mais il s'interroge : "que ferions-nous" si d'autres pays européens subissaient en même temps que nous des incendies similaires ?

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Des pilotes de Canadair italiens (en bleu) échangent avec un pompier français sur la base militaire de Mérignac où sont stationnés les avions qui luttent contre les incendies en Gironde. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

"La solidarité européenne fonctionne bien", se réjouit le colonel Philippe Besson, président des Pompiers de l’urgence internationale (PUI), invité samedi 13 août sur franceinfo, alors que des renforts humains ou aériens venus de plusieurs pays européens viennent prêter main forte aux pompiers français notamment dans la lutte contre l'incendie toujours actif en Gironde et dans les Landes.

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"Mais que se passera-t-il si demain la sécheresse s'aggrave et que le vent se lève" à l'échelle de l'Europe, s'inquiète-t-il. Pour le colonel Philippe Besson, cette situation doit servir d'alerte à la France : "Cela veut dire qu'il faut des moyens supplémentaires", ajoute-t-il, tout en appelant à "trouver d'autres solutions pour l'avenir".

franceinfo : L'arrivée de tous ces renforts en France est une bonne chose ?

Colonel Philippe Besson : C'est rassurant. La solidarité européenne fonctionne bien. On peut compter sur nos collègues européens pour venir nous aider. Mais c'est aussi inquiétant.

On a la chance que ces pays ne rencontrent pas les mêmes difficultés que nous en ce moment. Sinon, qu'aurions nous fait ? À qui aurions-nous demandé des renforts pour venir nous aider ?

Colonel Philippe Besson

à franceinfo

Je suis un peu partagé. C'est à la fois positif et inquiétant. Cela veut dire qu'il faut des moyens supplémentaires. Il faut peut-être trouver d'autres solutions pour l'avenir.

Il n'y a pas assez de pompiers français ?

Non, il n'y en a pas assez. Il faut envisager que la situation que nous connaissons en Gironde puisse se reproduire à l'échelle de l'Europe. Que ferions-nous dans ce cas-là ? Pour l'instant, la Grèce, l'Espagne, ou le Portugal arrivent à maîtriser la situation climatique, mais que se passera-t-il si demain la sécheresse s'aggrave et que le vent se lève ?

Les renforts vont-ils permettre de multiplier les forces en présence ou de donner un peu de répit aux pompiers français ?

Ils vont servir à multiplier les forces en présence. Ces moyens arrivent de manière constituée, avec leur propre matériel, leurs propres véhicules. Les collègues du SDIS de la Gironde vont pouvoir les engager directement pour augmenter le potentiel sur le terrain. Ils vont pouvoir leur confier un secteur d'intervention comme ils le confieraient à des pompiers français.

Des pompiers qui ne parlent pas la même langue, est-ce-que ça complique les opérations sur le terrain ?

Oui, ça complique, il faut parler l'anglais. Les fréquences radio ne sont pas les mêmes. Mais il suffit de faire des prêts de postes radio pour pouvoir communiquer entre nous. Il y a des solutions pratiques.

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